_ utf HISTOIRE DU VICOMTE
An. 1644. Il ne restoit plus aucune Place considérable fur les bordsiï s’empare q u Rhin donc le Vicomte ne fut maître, hors le seul Châ*
da Château ,
fort de teau de Creutznach, qui est un poste important : il l’atta-Creutznach. a au commencement de Décembre ; & la garnison dedeux cens hommes que les Bavarois y avoient lassée, aprèsune défense de quinze ou seize jours fe rendit. Alors leVicomte qui n’avoit plus rien â craindre, ayant renforcéles garnisons de toutes les villes nouvellement conquisesfur le Rhin, envoya hiverner dans l’Alsace & en Lorrainele reste de fa Cavalerie, persuadé que la disette de fotiragescmpêcheroit le Général Merci de passer une seconde loisdans un pays, ou tout étoit tellement ruiné, que l'onauroit eu peine a y trouver dequoi nourrir un cheval. Ilfe plaça entre les deux Généraux ennemis, de maniéré,qu’ils ne purent fe joindre pendant tout le reste de l’hi-ver ; & pour les observer de plus près par lui-mème, aulieu d’aller â la Cour, il fe retira à Spire. S’il est glorieuxde fçavoir conquérir une grande étendue de pays avecune petite armée , il l’est peut-être encore plus de fçavoirconserver ses conquêtes avec beaucoup moins de trou-pes : c’est ce que fit le Vicomte. Il ne perdit que la feuleville de Manheim, &: s’en dédommagea par la prise dcCreutznach. La connoissance des lieux , le choix des postesavantageux , & l’heureufe distribution de fes troupeslui tenoient lieu de nombre : de forte qu a limitation deW eymar son maître , de rien il faisoit tomes choses.