DE TURENNE, LIVRE II. 115 _
persisté dans I’alliance du Roi. Elle joignoit à toutes les An. 164.5,vertus de son sexe, les qualités d’un grand Capitaine : labienséance lui désendoit de se mettre à la tête de ses armées ;mais elle les commandoit de son cabinet. Econome & libé-rale, juste & généreuse , religieuse sans superstition , cettePrincesse poííédoit encore au souverain degré les talens po-litiques ; òc fa Cour étoit l’Ecole de tous les Princes d’Alle-magne. Les troupes Françoises ne surent pas plûtot arri-vées dans son pays, que le Général Merci alla asséger Kir- Maî.cbain, ville située à Rentrée de la Hesse. Le Vicomte n’avoitplus que trois a quatre mille chevaux ôc quinze cens hom-mes de pied : la Landgrave fut obligée de faire sortir sestroupes de leurs quartiers pour aller au secours de la Place.
Le Vicomte engagea de plus le Comte de Konigsmarc,
Général des Suédois qui hivernoient dans le Duché deBrunswich , à joindre les quatre mille hommes qu’il com-mandoit , aux six mille que la Landgrave envoya fous laconduite du Général Geis. A la tête de cette armée compo-sée de quatorze a quinze mille hommes, le Vicomte deTurenne s’avança vers Kirchain : le Général Merci se re-«tira auísi-tôt de devant la Place , Le se hâta de gagner laFranconie. Les soldats presserent le Vicomte de les y me-ner : ils bruloient d’envie de réparer la honte de la journéede Mariendal , reconnaissant que la trop grande bontéde leur Général avoir été la cause de cette disgrâce. Ilalloit profiter de leur ardeur, quand il reçut ordre de laCour de ne rien entreprendre jusqu’á l’arrivée du Duc
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