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Tome premier.
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DE TURENNE, LIVRE IL n<>

résolut de forcer les ennemis d'en venir a une bataille. Ilfit marcher les troupes toute la nuit, à travers un bois , ou lechemin étoit assez large & capable de contenir deux esca-drons de front. A la même heure & par le même bois pafsoient à quelque distance, avec un Corps de Cavalerie , lesGénéraux Merci, Gléen & Jean de Vert : à la pointe dujour ils apperçurent les troupes Françoifes qui fortoient dubois. Comme le lieu leur étoit très-favorable , ils y rangè-rent leur armée en bataille &c y attendirent le Duc d’Enguien.Ils avoient une riviere devant eux , 6c de grands étangs àdroite òc à gauche : leur poste n’étoit accessible que par depetits sentiers, où a peine deux Cavaliers pouvoient mar-cher de front. Le Duc fit avancer son canon ; les Bavaroismirent austì le leur à la tête de leur Camp , & l’on se ca-nona pendant toute la journée, avec une perte a peu préségale de part & d’autre. Le Prince voyant qu’il étoit im-possible de livrer bataille aux ennemis dans ce lieu, & qu’ilétoit inutile de s’opiniâtrer, décampa la nuit suivante deuxheures avant le jour pour aller à Nordlingue. Des les neufheures du matin, il se trouva dans la grande plaine qui estdevant cette ville , & fur le midi il apprit que le GénéralMerci avoit déja choiíì un Camp très avantageux, a deuxlieues de lui ; qu’il saisoit travailler en diligence aux retran-chemens, & qu’il prétendoit disputer la prise de Nordlin-gue , ou il y avoit une foible garnison. Le Prince marchaaussi-tôt aux ennemis, laissant ses bagages derriere lui dans lesvillages voisins ; & fur les quatre heures diifoir les deux ar-mées se trouvèrent en présence.

Tome 1, R

An. i 645,

3. d’Août.