DE TURENNE, LIVRE II. 153 _
gíant &c opiniâtre : les habits du Duc d’Enguien furent cri- An. 164.5,blés de coups ; il eut deux chevaux blessés fous lui, & reçutune contusion â la cuisse. On le pria vainement de fe re-tirer ; il fe tint au milieu du feu , animant les troupes de lavoix & du geste. Merci, après avoir fait des prodiges devaleur, ne put échapper â fa destinée ; il fut tué d’un coupde mousquet. La mort de ce grand Général, loin de décou-rager ses soldats , les rendit furieux : les fentimens de ven-geance, dont ils fe trouvèrent enflammés, leur fit tout sur-monter j & l’intrépidité du Duc d’Enguien, quelque éton-nante qu’elle fût, ne put empêcher que la plus grande par-tie de son Infanterie ne fût taillée en pièces..
D’un autre côté , l’aile gauche des Bavarois tomba fur L aile droitel’aile droite des François fi brusquement, que la Cavalerie est défâite°&Françoise, après avoir soutenu quelque tems, fut entière- ^ Gramontnient rompue ôc mise en déroute. Le Maréchal de Gramont f ^ lc prison-fit paroitre tout ce que peuvent la valeur & la conduite,,pour arreter fes troupes, pour les rallier èc les ramener aucombat : voyant tous fes efforts inutiles, il fe mit â la têtedes Régimens de Faber & de ’NVall ( 1 ), quin’avoient pointquitté leurs postes, attendit de pied ferme les Bavarois, Lefit faire fur leurs escadrons une décharge terrible.. Il les ou-vrit , y entra ; mais s’engagea si avant, qu’environné d’en-nemis, ôc obligé de eeder au grand nombre, il fut fait pri-
( * â une très ancienne noblesse en Irlande & grand oncle maternes
de 1 Abb>- Butler de Kilcopp , dont le pere amena depuis un Régiment Irlan-dois pour servir en France ; & dont plusieurs parens ont été dévoués à cetteCouronne pendant longues années.