DE TURENNE, LIVRE II. 171
le canon d’Aufbourg. On loua beaucoup l’intrépidité desennemis qui essuyèrent trois combats dans un même jour,& perdirent leur Général, fans être effrayés ni par la diffi-culté de la retraite , ni par le nombre de leurs morts, nipar la perte de leur artillerie & de leur bagage.
Deux jours après la défaite de Mélander , le Général Ko-nigsmarcK voyant que son secours n’étoit plus nécessaire,marcha avec quelques troupes vers la Bohème, pendantque le Vicomte de Turenne & le Général NVrangel s’avan-cerent vers la Bavière. Les Impériaux laissèrent une grossegarnison dans Rain, que l’Electeur regardoit comme laporte de ses Etats, &: se retirerent au centre du pays, enattendant l’arrivée de Piccolomini ( i ) qu’on rappelloit deFlandre pour venir les commander. Le Vicomte enhardipar leur retraite, résolut de s’ouvrir le chemin de la Baviè-re en traversant le Lech. Les ennemis y avoient un pont ,dont la tête étoit défendue par un petit Fort : la garnisonsut attaquée fî vivement, qu’elle prit le parti de mettre lefeu au pont: quelques soldats du Vicomte s’étant jettés a lanage, arrêtèrent l’incendie ; on refit le pont ; le Fort futabandonné ; òc l’armée Françoise passa le Lech en cet en-droit, pendant que celle des Suédois le passoit d’un autrecote. Les deux Généraux réunis ne trouvèrent plus d’obíla-cles : fans s’amuser au siège de Rain, ainsi que les Bavarois sel’etoient imaginé, ils percerent dans la Bavière, traversèrent
( i ) Octave Piccolomini originaire de Sienne en Italie, depuis Prince duS. Empire , Chevalier de la Toison d'or en Espagne , Duc d’Amalfi dansle Royaume de Naples*
Yij
An. 1648.
19. Mas.
II marchevers la La-viere.
19. dud.