DE TURENNE, LIVRE II. 175 _
Le dixième d’Octobre les armées Françoise ôc Suédoise An. i 648.repassèrent le Lech auprès de Landíberg , ôc le quinze elles ïo-O ctobre,traverserent le Danube à Donavert , & vinrent se rafraîchir LeV^lfïaux environs de Lavingen. Le Vicomte de Turenne se pré- Damibe - &paroit la campagne suivante à pénétrer dans rAutriche & la paix ctoità marcher jusqu’à Vienne, lorsque , par un Courier que lui Munstersdépêcha le Comte Servien, il apprit la conclusion de lapaix faite à Munster, Lc la suspension d’armes convenue jus-qu’à la ratification. En même tems l’Electeur de Mayence ,le Duc de Wurtemberg, plusieurs autres Princes, des Com-munautés de ville , des Ambassadeurs lui écrivirent pourle féliciter, lui marquant que cette paix tant désirée, ìVétoitpas plus Pouvrage des Plénipotentiaires, que le fruit de íaconduite &c de ses victoires. ( 1 )
Deux évenemens considérables avoient engagé le Cardí- Motifs quinal Mazarin à accorder la paix à l’Empereur. Le commen- les 8 dfSren-cement des troubles intestins en France , Le la paix séparée tes F^f an :que les Hollandois venoient de faire avec l’Eípagne. L’Em- paix,pereur de son côté, accablé de ses malheurs, consentit atout ce que la France éxigeoit de lui : Christine Reine deSuéde se contenta des victoires déja remportées, & préférala culture des beaux arts & des sciences au bruit & à la gloiredes armes. Les Protestans d’abord animés par la Religion ,s’étoient beaucoup rallentis fur les intérêts de l’Electeur Pa-latin : disposition dont le Duc de Bavière, en habile poli-tique , sçut merveilleusement profiter. Il n y eut que l’Es-
( 1 ) Voyez les Preuves N°. III.