DE TURENNE, LIVRE III. ï«jfáe l’Europe, dans le tems même de ses disgrâces. Peu versédans la connoiífance des constitutions fondamentales duRoyaume, ilentendoit parfaitement les affaires étrangères:ìl acheva par l’habileté & par les négociations, ce que sonprédécesseur avoir commencé par la force ôc par la guerre.Ses moyens pour porter l’autorité Royale au plus hautpoint , furent auífi tout différens : Richelieu n’avoit puabbatre les Grands , qu’en employant la violence ôc unesévérité qui paroiffoit souvent cruelle. Mazarin y par-vint en conseillant au Roi de les enchaîner par les espé-rances , de les amollir par les plaiíìrs, ôc de les ruinerpar le luxe.
Jean-François de Gondy, Coadjuteur de Paris , de-puis Cardinal de Retz , découvrit de bonne heure lefond de son caractère remuant, ôc se fit gloire de por-ter le nom de petit Catiiim. Ambitieux sans mesure, ôccourageux jusqu’a la témérité , il ne connut point defrein, ôc ne craignit aucun danger. Pour parvenir à cequ’il se proposoit, il se servit tour a tour de la galan-terie ôc de J a politique , du crime ôc de la vertu, de lareligion ôc des passions. ( i ) Vif, emporté , d'une imagina-tion fougueuse, son esprit , quoique pénétrant ôc d’unevaste étendue , frisent Jans cejje le chimérique , aimoit tousles projets extraordinaires , ôc cherchoit à les exécuterpar les voyes les moins communes ôc les plus artificieu-ses. Il nous a laissé des Mémoires qui développent assez
C r ) Voyez les Mémoires du temps.
Tome I , A 3
An. i 6 49»
Caractèredu Cardinalde Retz.