An. 1649.
Enuméra-tion desChefs desFrondeurs &leurs vûés.
is>o HISTOIRE DU VICOMTEdonnant des bénédictions. Il alla au Palais Royal offrir sesservices ; & n’eut pas lieu d’être content de la réceptionqu’on lui fit. Se voyant exposé a la raillerie des Courtisans,à l’ironique compassion du Cardinal, aux éclats de rirede la Reine, il sortit irrité , désespéré &c résolu de sevenger des plaisanteries de la Cour, fur l’Etat &c fur lapatrie. Les railleries de la Cour z dit il, me purifièrent de tousles crimes . Tout présomptueux qu’il étoit, il ne se crutpas cependant assez accrédité pour occuper la premiereplace dans le parti: il chercha un Chef qui la tînt delui, Sc fous le nom de qui il pût être en effet le prémier.Ayant été rebuté par le Prince de Condé, il se tourna vers
son frere le Prince de Conti qui avoit été élevé pour l’étatEcclésiastique ; mais à qui la feule naissance pouvoit donnerun grand crédit dans un Royaume comme la France.
Le Prince de Conti, gagné par le Coadjuteur, se déclara .Chef de la Fronde, & fut suivi de plusieurs autres Princes quis’yengagerent par des motifs différens : Henri d’Orleans ( 1 )Duc de Longueville, pareeque le Cardinal lui avoit refuséle Gouvernement du Havre, qui étoit la seule Place qui luimanquât en Normandie, pour être maître absolu de cetteProvince : François de Vendôme Duc de Beaufort, parhaine pour le Ministre, qui l’avoit fait emprisonner desle commencement de la Régence : Charles de Lorraine Ducd’Elbeuf, parcequ’il espéroit gouverner seul tout le parti»
( 1 ) Il étoit issu du fameux Comte dç Dunois, bâtard du Duc d’Orleans nBisayeul de François I.