DE TURENNE, LIVRE III. i 9$
faute qu’avoit faite le Duc de Bouillon, ôc pour s’en plain-dre. La Reine dans toutes ses lettres lui renouvelloit lesprotestations les plus tendres d’amitié &: d’estime, &les pro-messes les plus folemnelles de grâces & de bienfaits. ( i )
Les lettres du Cardinal renchérissoient fur celles de la Reine.« Jamais j lui difoit-il, je n'eus de déplaisir plus sensible que» celui d’apprendre la faute où vient de tomber M. le Duc» de Bouillon, qui s’est enfin déclaré du parti du Parlement3) contre le Roi. J’en ai été d’autant plus étonné, qu’il fça-„ voit que vous devez avoir cette année le commandement» de l’armée de Flandre ; que Sa Majesté vous avoit donné-, le Gouvernement des Alfaces avec d’autres avantages ;» que pour l’échange de Sedan , on n’attendoit sinon que3 ì la goutte de M. le Duc d’Orleans lui donnât du relâche,x> pour astìster â un Conseil où l’on devoir mettre la dernièrew main â l’aífaire &c avec très grand avantage pour lui ; &» que pour les honneurs de votre Maison , Sa Majesté le» vouloir auífi contenter. Il n’y a rien de si vrai que l’estime» &c la paífion que j’ai pour vous & pour tous vos avantages,» font au plus- haut point qu’elles puissent aller pour qui« que ce soit : ôc en cet endroit, je ne puis m’empêcher de» vous dire que ce n'est pas mal prouver cette estime & cette» affection, que lorsque le Duc de Modène ôc le Prince Ca~» simir , aujourd’hui Roi de Pologne, m’ont pressé tous» deux pour avoir l’aînée de mes nièces, fans parler des» recherches qui m'en ont été faites par presque tous les( i ) Voyez les Preuves N°. IV.
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An. i 6 45,,
Lettre duCardinal auVicomte.