DE TURENNE, LIVRE III. -.iz
avec magnificence. Ce séjour, qui étoit nécessaire pour dis-poser l'esprit des Bourdelois, donna le tems au Chevalierde la Valette de se rendre , avec un gros détachement de1 armée Royale, fur le chemin de la Princesse , pour l'em-pêcher de passer. Le Duc de Bouillon qui le sçut rassembla,au son du tochn, tous les gens de la Vicomté, ôc forma uncorps de près de deux mille cinq cens hommes, dont quatrecens Gentils-hommes saisoient partie. Il mit la Princesse ôcle Duc d’Enguien au milieu de cette petite armée , Sc mar-cha droit ì Monsort, où il sut joint encore par quinzecens Cavaliers ou fantassins. Le Chevalier de la Valettecraignant d’être coupé, se retira au plus vîte : mais quelquediligence qu’il pût faire, il fut atteint à Montelard en Pé-rigord, d'où , après avoir lâché le pied fans combattre, ilse sauva â Bergerac, avec perte de tous ses bagages. LaPrincesse continua fa route vers Bourdeaux, Sc elle y furreçue avec tous les témoignages d’une joie publique»Quoi-que le Parlement ôc les Jurats ne la vissent point en Corps,il n’y eut presque point de particulier,, qui ne lui donnâtdes assurances de service.
Les Ducs de Bouillon ôc de la Rochesoucault, que les par-tisans du Duc d’Epernon vouloient empêcher d’entrer,surent reçus deux jours après. La Cour informée de ce quivenoit d’arriver, fit marcher vers Bourdeaux le Maréchal dela Meilleraie avec son armée > ôc le Roi laissant le Duc d’Or-leans â Paris pour y commander, partit lui-mcme avec kReine, le Cardinal ôc toute la Cour» Les Ducs de Bouillon
An. 1650.
La Cour ar-rive près deBourdeaux»