An. ï 6 j o.
Les deuxarmées serangent enordre de ba-taille.
2,2,2, HISTOIRE DU VICOMTEdeux armées se découvrirent en même tems. Le Vicomtepersistant dans le dessein de se retirer, & le Maréchal danscelui de combattre, continuèrent chacun leur route : de-sorte que les deux armées marchèrent plus d’une lieuë furdeux collines parallèles , se côtoyant a la demi portée ducanon. Du Plessis-Prastin cherchoit quelque endroit proprepour engager Turenne au combat, & s’étoit déja repentid’avoir laissé échapper plusteurs occasions, qu'il n’avoit né-gligées que dans l’espérance d’en trouver une plus favorable.Voyant enfin qu’il étoit midi, & qu'il n’y avoit plus guéreque trois heures de soleil, il résolut de descendre dans levallon &c d’attaquer les Espagnols , de peur de ne plus les re-trouver le lendemain. Il fit donc faire alte à son armée, entrele bourg S. Etienne Lc celui de Sommepi, dans la plaine nom-mée le Blanc-champ , commanda qu’on la mît en ordrede bataille pendant qu’il iroit reconnoître le fond du vallon.
A ce mouvement, le Vicomte connut qu’il ne pourroit sedispenser d’en venir aux mains, quoique la partie ne fûtpas égale. Il avoit un grand avantage en demeurant fur lahauteur : mais il en avoit un autre à aller attaquer leMaréchal, avant que toute l’Insanterie qui n’étoit pas en-core arrivée , eût joint l’armée Royale. Il balança quelquetems ces deux partis & se détermina enfin au dernier, ildescend austì-tôt dans le vallon êc s’avance dans la plainedu Blanc-champ , avec fa petite armée composée d’Alle-mands , de Lorrains & de François, qui ne faiíoient en toutque deux mille cinq cens hommes d’Infanterie, & cinq mille