£>E TURENNE, LIVRE III. ' i M
de l’armée Royale , 6c qu’ils avoient été attaqués mal â An. 1650 ,propos par des Allemans qui les méconnoissoient. Le Vi-comte ne pouvoir pas aller loin fur un cheval blessé de cinqcoups t il rencontra Lavaux Officier du Régiment de Beau-vau, qui lui donna le sien, dont il ne se servit que pour semettre en sûreté. Il n’y avoir plus aucun moyen de rétablirle combat : la Cavalerie Lorraine 6c Allemande, auffi-bienque l'Insanterie, avoir lâché le pied, 6c l’artillerie étoit priseavec Dom Estevan de Gamarre qui la commandoit.
Cette déroute entiere ne laissa d’autre parti à prendre au Retraîre daVicomte, que celui de la retraitte. Le plus court cheminétoit vers la riviere d’Aîné: mais les troupes du Roi qui tail leperdue,poursuivoient les fuyards lui coupoient le passage, 6c il futobligé de prendre par les plaines de Champagne. Commela nuit approchoit 6c que les troupes Royales étoient extrê-mement fatiguées , il arriva fans aucun obstacle à Bar-le-Ducavec cent cinquante chevaux : le Marquis de Duras l’y vintjoindre avec cent autres , 6c le Vicomte lui ayant ordonnéde mener les uns 6c les autres dans le Luxembourg , partitaprès un séjour de six heures, 6c accompagné de douze ouquinze cavaliers, alla droit à Montmédi, où il trouva le restede fa Cavalerie qui s’étoit sauvée. Il perdit la moitié de sonarmée , douze cens hommes resterent fur la place, 6c troismille furent faits prisonniers. Long-tems après ayant été in-terroge par un jeune homme indiscret, comment ilavoitperdu les batailles de Mariendal 6c de Rhétel ; il réponditsimplement, par ma propre faute. Des officiers prétendoientTome L E f