DÊ TURENNE, UVRE III. 117
cault avec le Cardinal Mazarin a Bourg, ( 1 ) avoir déja fiaitsoupçonner aux Frondeurs,que le Ministre, fans leur entre-mise , alloit se racommoder avec les Princes : le Duc d’Or-leans informé de cette conversation par la Princesse deMontpensier sa fille, qui avoir suivi la Reine en Guyenne,en sut allarmé. Le Coadjuteur premier moteur de l’empri-sonnement des Princes, voulut alors être le principal instru-ment de leur liberté. Son unique objet avoir toujours étéde brouiller le Prince de Condé &c le Cardinal, pour perdrece dernier & s’emparer lui-même de {“administration desaffaires : les circonstances ne pouvoient être plus favorables.Toute la turbulence du Coadjuteur auífi-tôt se réveille : ilrenouvelle les caballes, soulève les ennemis du Cardinal,ranime les amis des Princes, &; met en mouvement les fem-mes intriguantes de la Cour. La Palatine traitte pour lesPrinces avec les Frondeurs ; on promet à la Duchesse deMontbazon cent mille écus ; on fait esperer à la Duchessede Chevreuse de marier sa fille au Prince de Conti; le Pré-lat enfin parvient à gagner le Duc d’Orleans, le Parlement2c le peuple , & leur fait demander d'tme commune voixla perte du Ministre, conjointement avec la liberté desPrinces.
Gaston ayant refusé d’aller chez le Roi, à moins que leCardinal ne fût exilé, la Reine hésita long-tems avant quede pouvoir se résoudre : mais elle fut contrainte de laisserpartir le Ministre ; lui promettant néanmoins de ne jamais( I ) Voyez ci-devant page Li8.
F f ij
An. 1650.Pinces & de1 exil duCarîdinal.
An. j 6 5 r.
Les Princesfont élargis,& le Cardi-nal fort de laFiance.