DE TURENNE, LIVRE III. *51
ennemis apperçurent l’armée du Roi, dont jufques-la ilsavoient ignoré la marche, ils entrerent dans la ville avectant de diligence, qu’avant que les Maréchaux de Turenne& d’Hocquincourt eussent gagné la hauteur au-dessusd’Etampes, les rebelles s’étoient déja mis en sûreté , ôe laPrincesse étoit partie.
Cette retraitte précipitée fit prendre une nouvelle réso-lution. Le Vicomte de la hauteur avoir vu un gros Corps de fàuxbourgtroupes assez en désordre dans le fàuxbourg qui est du Remporte,côté d'Orléans : il crut pouvoir forcer ce poste. Neuf Ré-
gimens d’Infanterie avec cinq cens chevaux s’y étoient re-tranchés derriere le ruisseau qui couvre tout un côté, à laréserve d'un petit espace qui est vers la porte de la ville, oùles ennemis avoient élevé une forte digue. L’InfànterieRoyale marcha au fàuxbourg, fans attendre que le canoneut tiré contre les retranchemens : celle du Maréchal d’Hoc-quincourt qui avoir la droite, après avoir essuyé tout lefeu des rebelles, passa le ruisseau près d’un moulin, pendantque Gadagne emporta la digue à la gauche près de la porte.
On dressa en ce dernier endroit des barricades, pour cou-P er toute communication de la ville avec le fàuxbourg, oùI e Vicomte fit entrer ensuite ion Infanterie : d’Hocquín-court vint la soutenir à la tête de la Cavalerie ; mais ellele fuivoit avec tant de précipitation & en si grand nom-bre , que Turenne ne retenant que quelques escadrons,jugea a propos d'en renvoyer la meilleure partie joindre leCorps de Cavalerie destiné à repousser les ennemis, au cas
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