DE TURENNE, LIVRE III. __
n’alloit au plus qu’â dix mille hommes , on regarda ce blo- An. i6yi tcus comme une entreprise téméraire : mais le Prince deCondé qui connoiflbit mieux que personne la capacité deTurenne , ne jugeant pas de même, craignit qu’on ne for-çât son armée à se rendre à discrétion, & presiâ l’ArchiducLéopold, alors Gouverneur des Pays-bas, de lui envoyerpromptement du secours.
Le Roi partit de S. Germain, & pendant qu’ilse rendoit u. Mai.à Melun , le Vicomte de Turenne s’avança a une lieue assiégée™^*d’Etampes. Cette ville est située dans un fond : ses murailles le Vlcom ^flanquées de petites tours font de mauvaise défense ; ducôté d'Orléans elles font baignées d’une petite riviere, ôcentourées d'un sosie sec du côté de Châtres : tout auprèsles rebelles occupoient une colline fur laquelle est bâtie unetour ronde d’où l’on découvre toute la plaine. Le Vicomtes’empara des autres hauteurs, distribua des troupes â droiteLc â gauche , en logea une partie dans les ruines des faux-bourgs que les ennemis avoient brûlés â son approche, ôcmit le reste de son armée asiez près d'Etampes, dans unCamp dont le canon n’incommodoit guére la ville situéedans un fond. Malgré les fréquentes feutres des assiégés, onacheva bientôt les lignes de contrevallation, qui ne purentetre d'une grande profondeur, à cause de la qualité duterrain qui est sort pierreux : celles de circonvallation pa-rurent inutiles 3 n’y ayant point d’ennemis au dehors : ondressa un pont sur la riviere pour empêcher les assiégésdaller au fourage, ôc l’on se diíposoit â en faire plusieurs