An. i6jz.
Le Vicomteest repoussédeux fois parle Prince deCpndé,
170 HISTOIRE DU VICOMTE
Le Vicomte de Turenne qui jufques-lâ s’étoit porté auxdifférentes attaques, s’avança enfin dans la grande rue dontil avoit déja fiait couper la barrière, malgré la résistance deceux qui la défendoient : il marchoit en ordre dans cetterué, renversant tout ce qui fie trouvoit fiur fion passage, 6calloit emporter les premieres traverses, lorsque Condé ar-rêta fies progrès. ( 1 ) Ce Prince forma un escadron de tou-tes les personnes de qualité de fion armée, qui n’avoientpoint de commandement 6c des Gentilshommes qui luiétoient attachés, fondit fiur les troupes du Roi, les fit plierLc les ramena battant jufqu’à la barricade. Le Vicomteayant pris ' des gens frais, pendant que le Prince faifoit re-prendre haleine aux siens, passa une seconde sois cette bar-ricade , culbuta tous ceux qui fie préfienterent, força plu-sieurs traverses 6c parvint jufqu’à l’Abbaye de S. Antoineau milieu du fauxbourg ; mais Condé revint fiur lui avecune nouvelle ardeur ôc le fit encore reculer. Jamais actionne fut disputée avec une valeur plus continué 6c plus opi-niâtre : les deux Généraux tout couverts de sang, 6c tou-jours expoíes au feu des mousquetaires qui tiroient des mai-sons à droite 6c à gauche , combattirent souvent vis-à-visl’un de l’autre a la portée du pistolet ; la fureur martiale del’un 6c le sang froid de l’autre faifoient un contraste, dontle spectacle excitoit l’admiration 6c la terreur. Enfin le Vi-comte voyant qu’il ne pouvoir forcer ce gros de Cavalerie
( 1 ) Il paroît par les Mém. de la Rochefoucault 5 c par l’Histoire MS. dçi’Abbé Raguenet, que cette action est différente de ççlle dp la rue de Cha»ronpe ost S. Mêgrin fut tué p