DE T U RENNE, LIVRE IV. w
Erançois du côté de Ham èc de-la dRoye, quin’étant défen-du que par les bourgeois, fut pris en deux jours. Turennede son côté se hâta de gagner le village de Magni, qu’onnomme présentement Guiscard, dans un pays couvert òcferré, où il n’avoit rien â craindre. De-lâ il envoya le Com-te de Schomberg avec deux cens cinquante chevaux, quel-ques Gendarmes A cent fantassins pour se jetter dans Cor-bie : il fit entrer en même tems trois cens hommes dansPéronne. Les Espagnols , après la prise -de Roye , surentdans une grande perplexité : ils hésitoient d’avancer dansun pays, où ils n’avoient point de Places, & ils craignoientd’entreprendre aucun siège, ayant dans leur voisinage unearmée toujours d portée de les traverser. Cependant le Prin-ce de Condé alla vers Corbie, ôc le Vicomte étant près deHam, sçut par une lettre interceptée , que le Comte de Me-gue devoir sortir le lendemain de Cambrai avec trois millechevaux, pour conduire des vivres 8c des munitions auxEspagnols postés près de Corbie en-deçd de la Somme. E'ar-mée du Roi décampa un peu avant le coucher du soleil,passa la Somme â Ham, marcha toute la nuit dans le des-sein d’attaquer le convoi : la Cavalerie prit les devants, &tarriva d la pointe du jour près de Péronne.. Le Vicomte entira les trois cens fantassins qu’il y avoir jettes ,& trois censautres dont la garnison pouvoir se passer , ôc marcha aveccinq mille chevaux vers Bapaume. Il fit aire d deux lieues dela Place, & ayant appris que le convoi étoit rentré dansCorbie, il se retira avec id Cavalerie d Manancourt, où lin-
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marches &contre-mar-chesdesdeuxarmées.
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