ÀN. 1657.
30. Mai.
Le Maréchal<le la FertéassiégeMont-médi.
354. HISTOIRE DU VICOMTEpour éviter le Camp des François, il s’alla poster dans unendroit, où, selon toutes les réglés de la guerre , Condédevoir paster : par bonheur pour le Prince ,son guide l’égaraôí le mena par le grand chemin de Bouchain: il s’apperçut.de la méprise ; mais fans se déconcerter, il marcha avec sestroupes à trois escadrons de front fur trois colonnes, fe fitun passage au travers des deux lignes de la Cavalerie du.Roi, & arriva vers la pointe du jour a la contrescarpe de laCitadelle. Le Comte de Salazar , Gouverneur de Cambrai,s’attendoit si peu à ce secours, que le Prince fut.long-temsa la palissade avant qu’on lui ouvrit les barrières. Turenne,ayant appris le nombre &c la qualité des troupes qui étoient.entrées dans la Place, jugea â propos de lever le siège, &cen donna avis à la Cour. Condé laissa une garnison suffisanteà Cambrai, retourna à Bruxelles, ôc envoya le reste de sestroupes au rendez-vous général près de Mons..
Ce mauvais succès déconcerta les mesures du Vicomte,& lui fit prendre la route de S. Quentin pour couvrir lesfrontières : le secours de Cambrai ayant donné le tems auxennemis de se rassembler, il devint impossible de rien en-treprendre depuis la mer jusqu’à l’Escaut. Les six mille An-glois qui étoient débarqués joignirent a S. Quentin l’arméedu Roi : le jeune Monarque vint au Camp avec le Cardi-nal , & manda au Maréchal de la Ferté d’aller assiéger Mont-médi dans le Luxembourg , pour faire diversion & empê-cher les ennemis, ou d’attaquer en Flandre quelque Placequi ne seroit pas assez garnie, ou de rentrer de nouveau en