4ii HISTOIRE DU VICOMTEÁn. 1668. Dès le tems de la paix des Pyrénées, il avoir commencé àse défier du Calvinisme. Les récits que lui avoient souventfaits les Anglois pendant le commerce qu il eut avec eux,de la multiplicité des sectes qui inondoient la Grande Bre-tagne , l’avoient extrêmement frappé. En parlant dans unede ses lettres à la Vicomtesse de Turenne ( 1 ) de cette diversEté d’opinions: On voit dit-il, que far trop d’indépendance a'es-prit , quoiqu avec bon sens 3 O*peut-être de la dévotion 3 on a fi fortdéfiguré la Religion , que chaque personne fait une fitîe à fa mode.fe progrès de fa défiance 6 c de ses doutes se manifeste dansplufieurs autres lettres : mais la haute idée qu’il avoir dela supériorité de l’efprit de la Vicomtesse, 6 c la crainte deblesser la délicatesse de leur union, le retinrent, malgréles lueurs d’une conviction naissante , dans ses anciens en-gagemens : ce ne fut qu’après la mort de fa femme, querendu a lui-même, il se livra à ses propres lumières, ÔCvit souvent le célébré Abbé Bossuet , depuis Evêque deMeaux, que fa profonde science rendoit digne d’un telProsélyte : on prétend que ce fut pour l’instruction duVicomte, que ce Prélat écrivit son Exposition de la Foj } livretant admiré. Quoiqu’il en soit, Turenne sentit bientôt, parses entretiens avec ce Grand Homme, que la multitude in-capable de raisonner, doit être conduite par la soumiífion ;que tout Législateur sage en donnant une Ioy écrite, doitétablir un interprète sûr pour en fixer l’intelligence ; ÔC
( i ) Voyez les Preuves, N°. VIII. Dans les lettres de M. de Turenne àía femme, on sent avec quel fond de bonne foi il cherchoit la vérité,, Afeïi cœur se renditdès que son esprit fut éclairé.