DE TURENNE, LIVRE Vt. 517 __
aiux autres : Notre pere se forte bien , nous n avons rien à craindre. An. 1674.
Cependant l’armce de l’Empereur qui étoit demeurée de- Les Confé-puis un mois entre Mayençe & Francfort, fut augmentéepar la jonction des troupes de Zelí, de Wolfembuttel, deSaxe, de Hesse, de Munster , de Cologne, de T rêves, deLunebourg & de quelques Cercles de l’Empire. Le Duc deBournonville , Chef des troupes Impériales, avoit fous luile Prince Herman de Bade , General de l’artillerie, & leComte Caprara ; le Duc de Lorraine commandoit sespropres troupes,ainsi que l’Electeur Palatin j & le Duc d’Hol-stein-Ploëm menoit celles de Lunebourg. Ces six Générauxayant tenu un Conseil de guerre , résolurent de forcer lepont de Mayence : ils le passerent en esset, le premier de Sep-tembre , marchèrent le long du Rhin en remontant, Levinrent camper entre Spire & Philiíbourg, s’étendant depuisDuttenhoven jufqu’a Mechtersheim.
Auslì-tôt qu’on eut appris en France que les Impériaux Louvoísavoient passé le Rhin avec une armée de trente-cinq mille conduite*hommes, Louvois ne put résister à la tentation de blâmer la Vicomte,conduite du Vicomte, & remontra la nécessité de faire reti-rer l’armée en Lorraine pour couvrir cette Province. Le Roienvoya des ordres pressms â ce General, pour lui comman-der de quitter l’Alsiice ; mais Turenne embrassant d’uncoupd’œil toutes les fuites que pourroit avoir cette démarche, re-présenta au Roi le danger qu'il y auroit d’abandonner lesbords du Rhin. » Les ennemis, dit-il dans fa lettre , quelque» grand nombre de troupes qu’ils ayent, ne fçauroient dans