Band 
Tome premier.
Seite
557
JPEG-Download
 

DE TURENNE, LIVRE VI. 557ce qui s’étoit passé pendant la campagne précédente, & delui demander son amitié. Louvois obéit, non seulementparce qu’il salloit se soumettre aux ordres d’un Monar-que qui n’en donnoit jamais qu’on pût ensraindre im-punément ; mais encore par un véritable désir de regagner{■estime d’un Héros, dont on ne pouvoit pas avec honneurêtre l’ennemi déclaré. Le Vicomte reçut Louvois aveccette dignité cette bonté qui s allient toujours dans lesgrands hommes, pour inspirer en meme teins le respect ôcl’amour, il écouta le compliment du Ministre, Ôt se con-tenta de lui répondre : » J’ai fait beaucoup pour gagner„ votre amitié , parceque le service du Roi le demandoit;» & cependant je n’ai pû jusqu ici l’obtenir. Vous me de-„ m andez maintenant la mienne, parceque Sa Majesté vous„ pordonne ; je ne vous la refuse pas ; mais vous trouve-„ re2 bon que je ne vous en assure qu’après que vous m’au-„ rez f a i t connoître par votre conduite que vous la sou-ri haittez de bon cœur. »

La gloire & la réputation du Vicomte furent bien-tôtrépandues dans la Capitale & dans les Provinces les pluséloignées ; d’où elles volèrent jusques dans les pays étran-gers. La plupart des Princes de l’Europe en parloient com-me d’un homme extraordinaire ; personne n’avoit jamaisjoui d une réputation plus brillante ni plus Etendue. Loinde s'élever & de s’enorgiieillir au milieu de tout cet éclat,il en sentit la vanité par les principes de vertu dont soncœur étoit rempli, il vouloir de nouveau se retirer de ht

An. 1675.

Le yicotnir®'veut se reti-rer,& le Roi >Ten emgê-rche.