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Tome premier.
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DB TU RENNE, LIVPvE VI.patrie j il a toujours préfère fa maison a fi fortune , 8c lesintérêts de l'Etat a ceux de ía maison > m«us quelque cire r oque lui fut la patrie, jamais pour la servir il n’a violé ni ledroit des gens, ni les loix immuables de la justice.

11 eut depuis fa tendre jeunesse un amour dominant pourla vérité i il détestoit la politique , qui ne cherche à réussirque par la dissimulation, par le mensonge 8c par la fourbe-rie : il difoit de lui le bien & le mal, selon qu il étoit néces-saire , fans vanité comme fans honte, & toujours fans affec-tation, en homme devenu etranger a lui-meme. Ce carac-tère régné dans tous ses écrits, soit lettres, soit instruâions,soit mémoires. La réputation de 1a bonne foi étoit tellementétablie, que la plupart des Princes d’Allemagne traittoientavec lui fans exiger aucune garantie. Les Suiíìes,les Hollan-dois , les Anglois, les Suédois fe croyoient en fureté dèsqu’il. leur avoit donné fa parole ; il ne la donnoit jamais,fans être assuré de pouvoir la tenir, & plutôt que de pren-dre un engagement qu’ii auroit craint de ne pouvoir ac-complir, il aimoit mieux s’expofer à irriter les Ministres,à déplaire au Roi même ,. fie à se voir abandonné des.troupes.

Son humanité fe répandoit généralement fur tous leshommes ; les Officiers, les Soldats , les domestiques, lesennemis même en ressentirent les effets : il ne laistoitéchapper aucune occasion de faire connoitre le mérité, 8cde cacher ou d’excufer les sautes de ceux qui fervoientfous lui. Lorsqu un Officier dont la capacité lui étoit con-