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G- G. L E I B N I T I I
REPONSE DE Mr. FOUCHER
A Mr. DE LEIBNIZ,
Sur son nouveau Syjlème de la Commmication des Subflances .
Q Uoique vòtre systéme , Monsieur , ne soit pas nouveau pour moi ,6c que je vous aye déclaré en panie mon sentiment , en répondantk une lettre que vous m’aviez écrite sur ce sujet il y a plus de dix ans,je ne laisserai pas de vous dire encore ici ce que j’en pente , puifque vousrn'y invitez de nouveau.
La premiere partie ne tend qu’à taire reconnoitre dans toutes les sub-stances , des unités qui constituent leurs réalités , & les distinguant desautres, forment , pour parler à la maniere de fecole , leur individuation ;&c e’est ce que vous remarquez premiérement au sujet de la matiére , oude l’étenduè. Je demente d’accord avec vous, qu’on a raison de demanderdes unités qui fafsent la composition , & la réalité de Fétendué. Car sanscela, comme vous remarquez fort bien , une étendué toujours divistble,n’est qu’un compose chimérique , dont les principes n’existent point, puifque sans unités il n’y a point de multitude véritablement. Cependant jem’étonne que Fon s’endorme sur cette question : car les principes esten-tiels de l’étendué ne scauroient exister réellement. En effet des pointssans parties ne peuvent étre dans FUnivers , & deux points joints ensemblene forment aucune extension : il est impostìble qu’aucune longueur subsistesans largeur , ni aucune superficie sans profondeur. Et il ne lért de tiend’aporter des points physiques , puifque ces points sont étendus, & ren-ferment toutes les difficultés que Fon voudroit éviter. Mais je ne m’ar-réterai pas davantage far ce sujet , sur lequel nous avons déja dilputévous & moi dans les Journaux du seiziéme Mars 165)3. & du troisiémeAout de la méme année.
Vous aportez d’autre part une autre forte d’unités , qui -sont , à pro-prement parler , des unités de composition , ou de rélation , 6c qui re-gardent la perfection , ou l’achévement d’un tout , lequel est destiné àquelques fonctions , étant organique : par exemple , un horloge est un,un animal >est un ; & vous croyez donner le nom de formes subftantiellesLux unités naturelles des animaux & des plantes , en forte que les unitésfafsent leur individuation , en les distinguant de tout autre compose. 11•me lembi e que vous avez raison de donner aux animaux un principe d'in-dividuation, autre que celui qu’on a coutume de leur donner , qui n’est
que