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Tome premier.
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LIX
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BOLAE ANA. li*

étoit-ce ? Le Paysan secoua la tête, sur quoi M. le Duc croyoit avoirgagné ; mais M. Despréaux dit qu il en appelloit à un autre villageois.

Ç M. BoileauDocteur de Sorbonne, ct Doyen de Sens, ayant obte-nu du Roi un Canonicat de la Sainte Chapelle , alla remercier Sa Ma-jesté qui lui dit obligeamment : Moniteur, c’est une place qui étoit dûeà votre mérite, aufli-bien qu’aux prières de votre frere qui nous a tant ré-jouis.

Ce Docteur étoit véritablement docte, mais il aimoit a écrire fur desmatières singulières , & peut-être un peu trop comiquement ; son perel’appelloit le petit discoureur. Comme il avoir toujours le mot pourrire , même dans les occasions les plus graves , M. Despréaux disoit delui en plaisantant: Mon frere ne pouvoitpas manquer d’être Docteur;car s il ne l’eût pas été de Sorbonne , il auroit pû í’être de la ComédieItalienne.

5 M. Despréaux disoit du Marquis de Termes,qu’il étoit toujours àla pensée d’autrui ; & que c étoit là où consistoit le savoir vivre.

5 M. Despréaux craignoit les Satires injurieuses, mais il étoit le pre-mier à rire de ce qui s’écrivoit d’ingénieux contre lui. Il se comparoird’ordinaire à un Chevalier enchanté sur lequel tous les coups de ses en-nemis n’avoient point porté, ou n’avoient porté que foiblement. Avectoute leur malice , disoit-il, ils n ont jamais pu trouver l’endroit fatald Achille. Et quel est cet endroit Fatal ? lui demandois-je. C’est ce que jene vous dirai point, me répondoit-il; c’est à vous à le deviner. J ai tou-jours crû qu’il se reprochoit de n’avoir pas assez varié le tour de ses Ou-vrages , & fur tout le style de ses Préfaces , qui font presque toutes furle même ton.

5 Jamais brochures ne se sont plus vendues que celle de la Satire deVHomme , & celle de la Satire des Femmes. Le Libraire avouoit qu ilavoir tiré plus de aooo. écus de celle-ci ; elle eut pourtant encore moinsd’acheteurs que de censeurs. M. Despréaux étoit presque persuadé qu’ilavoir fait un mauvais Ouvrage. Ce fut M. Racine qui le rassura, en luidisant qu’il falloir laisser passer forage. Vous avez, dit-il, attaqué tout unCorps qui n’est composé que de langues , fans compter celles des Ga-lans, qui prennent parti dans la querelle. Attendez que le beau sexe aitdormi sur sa colère, vous verrez qu’il se rendra à la raison, & votre Sa-tire reviendra à sa juste valeur ; ce qui est effectivement arrive, sur toutdepuis que Messieurs Arnauld, la Bruyère, ct Bayle se sont autentique-ment déclarés pour cet Ouvrage.

5 La première, & la feule fois que j’aie vu M. Brossette, je le tançaifort d’avoìr inféré dans son Commentaire une très-jolie Epigramme deM. de F * * * contre la Satire des Femmes , à la réserve qu’il n’y man-quoit que la vérité ; Passe encore, Monsieur, lui dis-je, d’avoir placé l’E-

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