26 SATIRE III.
A peine eítois-je entré, que ravi de me voir,
Mon Homme, en m’embraífant, m’est venu recevoir,Et montrant à mes yeux une allégresse entiere,
Nous n avons, m’a-t-il dit, ni Lambert ni Molière :
3 5 Mais puisque je vous voy , je me tiens trop content.Vous estes un brave homme: Entrez. On vous attend.Aces mots, mais trop tard, reconnoissantma faute,Je le fuis en tremblant dans une chambre haute,
Où malgré les volets le Soleil irrité40 Formoit un p o este ardent au milieu de l’Esté.
Le couvert estoit mis dans ce Lieu de plaisance ;
Où j’aitrouvé d’abord, pour toute connoissance ,Deux nobles Campagnards, grands lecteurs de Romans,Qui m’ont dit tout Cyrus dans leurs longs complimens.45 J’enrageois. Cependant on apporte un potage.
Un coq y paroissoit en pompeux équipage,
Qui changeant fur ce plat & d’estat Sc de nom,
Par tous les Conviez s’est appellé chappon.
Deux assiettes suivoient, dont lune estoit ornée5° Dune langue en ragoust de persil couronnée :
REMARQUES,
dans le tombeau de Lulíi ion gendre.
Vers 44. Qui ni ont dit tout Cyrus , &c. ].C’estle titre d’un Roman fort connu, 6 cdont on s’imaginoit en Province que le stileetoit celui de la Cour.
Vers 45. --- Cependant on apporte un
potage , &c. ] M.Fourcroi, célébré Avocat,donna exprès un repas tout semblable. Ondevine aisément que l'imitation ne lui réus-flt pas.
V ers S o. Quaux Sermons de Cajfagne , oude ÏJbbéCotm.} Jacques Cassagnes, né SCelevé à Nîmes, où son pere étoit Trésorierdu Domaine ; Garde de la Bibliothèque duRoi, reçû à l’Ácadémie Françoise à l’âgede 27. ans, mourut en 1 679. à S. Lazare,âgé. seulement de 46". ans. L’étude Se le cha-grin du trait satirique qui donne occasionà cette remarque , lui avoient dérangé latête, Entr’autres Ouvrages, il a laissé un-