SATIRE VIII. 6-
Lui seul vivant, dit-on, dans l’enceinte des Villes,
* 2 ° Fait voir d’honnestes mœurs, des coutumes civiles,
Se fait des Gouverneurs, des Magistrats, des Rois ,Observe une police, obéit à des lois.
H est vrai. Mais pourtant, fans lois & sans police,
^ Sans craindre Archers, Prévost, ni fuppost de Justice,Voit-on les Loups brigands, comme nous inhumains,Four détrousser les Loups , courir les grands chemins?Jamais pour s’agrandir, vit-on dans fa manieLn Tigre en factions partager l’Hyrcanie ?
L Ours a-t-il dans les bois la guerre avec les Ours?Le Vautour dans les airs fond-il fur les Vautours?A-t-on veu quelquefois dans les plaines d’Afrique ,Déchirant à l’envi leur propre République,
Lions contre Lions , Parens contre Parens ,ì Combattre follement pour le choix des Tyrans ìD L’animal le plus fier qu enfante la Nature,
Dans un autre animal respecte fa figure,
RE M A R Q_U E S.
îeur du Tableau des Tassions humaines.
Vers 119. L’Auteur citoit ce vers & lestrois íuivans, en exemple de ces vers sim-ples & faciles, qui coûtent infiniment.
Vers oit-on les Loups brigans &c.]Horace, Epcde VII.
Neque hic lupis mos , neefuit leonibusVnquam, ni/i ìn dfpar, feris.
Juvénal, Satire XV. v. 1 j?.
Sed jam ferpentum major concordìa , Tar-cìt
Cognatis maculis pmilisfera. Qjtando leo-m
tíor erípttit vham leo ? Quo nemere,mqudin
ípiravit aper majoris dentibus apri ?cs 128. — Partager tHyrcanie ? ]
nce de la Perse au Midi de la Merenne.
rs 133. Lions contre lions, &c. ] Ce3c le suivant sont parodiés de Cinna 3I. Scène III.
mains contre Romains , parens contreparens ,
mbattoient feulement pour le choix des