SATIRE IX
C ’Est à vous, mon Esprit, à qui je veux parler.
Vous avez des défauts que je ne puis celer.
Assez & trop long-temps malasche complaisance.
De vos jeux criminels a nourri l’insolence.
Mais puisque vous pouffez ma patience à bout,
Dne fois en ma vie il faut vous dire tout.
On croiroit à vous voir, dans vos libres caprices,Discourir en Eaton dés vertus &des vices,
Décider du mérité Sc du prix des Auteurs,
Et faire impunément la leçon aux Docteurs,
Qu estant seul à couvert des traits de la Satire,
Vous avez tout pouvoir de parler Sc d’écrire.
Mais moi, qui dans le fond fçais bien ce que j’en crois,Qui compte tous les jours vos défauts par mes doigts;
ris, quand je vous vois, st foible Sc st stérile,Etendre fur vous le foin de reformer la Ville,
Dans vos discours chagrins plus aigre, &plus mordant,Qu’une Femme en furie, ou Gautier en plaidant.
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