SATIRE IX. 8ï
Peindre Bellone en feu tonnant de toutes parts ,
Et le Belge effraye'fuyant fur ses ramparts .
Sur un ton íì hardi, sans estre temeraire -Macan pourroit chanter au défaut d un Homere.
4$ Mais pourCotin & moi, qui rimons au hazard,
Que l'amour de blasmer fit Poëtes par art ;Quoiqu’un tas de Grimauds vante nostre éloquence,Le plus seur est pour nous de garder le silence.
Ln poëme insipide, & sottement flatteur,Leshonnore à la fois le Héros A f Auteur.
Enfin de tels projets paflent nostre foiblefle.
Ainsi parle un Esprit languissant de mollesse,
Qui,sous l’humble dehors d’un respect affecté,Lâche le noir venin de fa malignité.
^ Mais deuísiez-vous en l’air voir vos ailles sonduës,Me valoit-il pas mieux vous perdre dans les nuës ;Que d’aller fans raison, d’un stile peu Chrestien,
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Taire insulte en rimant à qui ne vous dit rien,Et du bruit dangereux d’un livre temeraire,
A vos propres périls, enrichir le Libraire ìVous vous flattez peut-estre en vostre vanité,L aller comme un Horace à l’immortalité :
REMARQUES.
Vers 4i. Et le Belge effrayé, &c.] Levenoit de prendre Lille, loríque l’Au-teur travailloit à cette Satire.
Vers 44 . R acan pourroit chanter , &c. ]Honorât de Bueil y Marquis de Racan , def Académie Françoise, Poete estimé . mort
Tome L
en 1670. . ,
Vers 45. Mais pour Cot m & moi â &c,]Juvénal, Satire I.
Si natura negat , facit indignâtio verfum ,Qttdemcumque potest , quales ego , vdCluv tenus.
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