SATIRE IX.
■Ma. Muse en l’attaquant ) charitable & diícrette,^Çait de l’Homme d’honneur distinguer le Poète.
Qu on vante en lui la foi, l’honneur, la probité ;a Q u on prise sa candeur Sc sa civilité :
^ Q u n soit doux, complaisant, officieux, fîncere :
On le veut, j’y souscris, Sc fuis prest de me taire.Mais que pour un modele on montre ses Ecrits,Qu’il soit le mieux renté de tous les beaux Esprits :Oomme Roi des Auteurs > qu on l’éleve à f Empire;20 Ma bile alors s’échauffe, Sc je brûle d’écrire :
■^t s’il ne m’est permis de le dire au papier;
Jiray creuser la terre, Sc comme ce Barbier,íaire dire aux roseaux par un nouvel organe,
3 , le Roi JVLidas a des oreilles d'afne.
^ Quel tort lui sais-je enfin? ay-je par un écritLetrifié ía veine, Sc glacé son eíprit?
Quand un Livre au Palais se vend Sc íe debite ,
Que chacun par ses yeux juge de son mérité :
^ Que Billaine l’étale au deuxième Pilier :
Le dégoût d’un Censeur peut-il le décrier?
§9
R E M A R QU E S,
<píil était opulent. Midas adjugea íar cnce à Pan ; & Apollon , pour s’en v§er a lui donna des oreilles d’Asne. MiUe p u t cacher sa disgrâce à son BarbEnvain il lui ordonna de se tairepeine de la vie. Envain même le Barlvoulut-il ensevelir ce secret dans la teAl’endroit où il avoit prononcé, quoicvoix basse Midas a des oreilles d’AJu terre produisit des roseaux * qui, ag
Tomç L
par le vent, rediíòient tout haut : Midas Âdes oreilles d’Asne.
Merí mutire nesas , nec clam , nec cwnJcrobe ? Nup^uam.
Htc tamen ìnfodiam ,
Aurìculas Afini cjiùs non habet f
Vers zzy.Que Billaine /’ étale, &c.] LouisBillaine, fameux Libraire du Palais.
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