AU LECTEUR.
V Oìcì enfin la Satire qu’on me demande depuis fi long-temps .
Sis ai tant tardé à la mettre au jour 3 c efi que j’ai été biena fi e quelle ne parufi qu avec la nouvelle édition qu on faifioit de monLivre* j ou je voulois quelle fufi inférée. Plusieurs de mes Amis à xqui j e p a i l u ë 3 en ont parlé dans le monde avec de grands éloges 3& ont publié que c efioit la meilleure de mes Satires. Ils ne m ongpas en cela fait plaisir. Je connois le Public. Je f ai que naturelle -me nt il fe révolté contre ces louanges outrées 3 qu on donne aux Ou -Vr ages avant qu ils ayent paru ; que la plufpart des Le fleur s neUsent ce qu on leur a élevé fi haut 3 qu avec un dessein formé de /s.rabbaijftr.
Je déclaré donc que je ne veux point profiter de ces discours avan-tageux : (fr non feulement je laisse au Public son jugement libre 3171 ais je donne plein pouvoir à tous ceux qui ont tant critiqué mon Odefar Namur 3 d?exercer aujfi contre ma Satire toute la rigueur de leurcr itique. Pefpere qu ils le feront avec le mefnesuccès : & je puisLs assurer que tous leurs discours ne m obligeront point à rompreIfpecedevœu que faisait de ne jamais défendre mes Ouvrages 3quand on n en attaquera que les mots & les syllabes. Je fçaurai fortbien soutenir contre ces Censeurs 3 Homere 3 Horace 3 Virgile 3tous ces autres grands personnages dont j 3 admire les Ecrits : maispour mes Ecrits que je n admire point 3 c efi a ceux qui les approu-veront à trouver des raisons pour les défendre. Cefi tout l’avis que3 ai à donner ici au Le fleur.
La bienséance néanmoins voudroit 3 ce me semble 3 que je fjfe