SATIRE X. 103
Chez toy, dans une vie ouverte à la Licence â*3° Elle conservera fa premiere innocence ?
Ear toi-mesme bien-tosl conduite à l’Opera,
E)e quel air penfes-tu que ta Sainte verra
E*un spectacle enchanteur la pompe harmonieuse»
Ces danses, ces Héros à voix luxurieuse ;
3$ Entendra ces discours fur l’Amour seul roulans,
Ces doucereux Renauds, ces insensez Rolands,
Sçaura deux qu'àl'Amour,comme au seulDieu suprême-On doit immoler tout, jusqu à la Vertu mesme.j Qu’on ne sçauroit trop tost se laisser enflammer :
Qu’on n a receu du Ciel un cœur que pour aimer ;
Et tous ces lieux communs de Morale lubrique,
Que Lully rechaussa des sons de fa Musique ì•^lais de quels mouvemens, dans son cœur excitez »j Sentira-t-elle alors tous ses sens agitez ?
^ Je ne te répons pas, qu au retour, moins timide ,Ligne Escoliere enfin d’Angélique Sc d’Armide ,
Elle naille à l’instant, pleine de ces doux sons -Avec quelque Médor pratiquer ces leçons.
RE M A R QU E S.
Hurleuse. ] Le mot de Luxurieux emploïédans ce vers, 8c le mot de Lubrique danslevers 141. pour désigner la Morale det’Opéra, occasionnèrent une Lettre de M.Perrault, dans laquelle il reprocha à l’Au-y ur de s’être servi de termes qui blessoient*a pudeur. M. Arnaud prit la défense deno-í re Poëte dans une Lettre qu’U écrivit à M.
Perrault.On la trouvera dans le volume II;
Vers 141. Que Lulli réchauffa , &c. ]Jean-Baptiste de Lulli, célébré Musicien,qui a saie nos plus beaux Opéra. 11 mou-'rutàParis en tíSy. âgé de 54. ans.
Vers 146. ——— D'Angélique & d’Ar amide. ] Voïez les Opéra.de Qiunaut, inti;tulés, Roland ôí Amide, ~