i3° S A T I R E X.
Car*grâce auDroitreceu chez les Parisiens,j20 Gens de douce nature, & Maris bons Chresliens,
Dans ses prétentions une Femme est fans borne.Alcippe, à ce discours je te trouve un peu morne.Des Arbitres, dis-tu, pourront nous accorder.
Des Arbitres... Tu crois l’empescher de plaider ìSur ton chagrin déja contente d’elle-mesme,
Ce n’est point tous ses droits,c’est le procez quelle aime*Pour elle un bout d’arpent, qu’il faudra disputer,
Vaut mieux qu un Fief entier acquis fans contester.Avec elle il n’est point de droit qui s'éclair ciste -730 Point de procez si vieux qui ne fe rajeunisse;
Et fur fart de former un nouvel embarras,
Devant elle Roíet meuroit pavillon bas.
Croy-moy, pour la fléchir trouve enfin quelque voys,Ou je ne refpons pas dans peu qu’on ne te voye735 Sous le faix des procez abbatu, consterné,
Triste, à pied, fans Laquais, maigre, sec, ruiné,Vingt fois dans ton malheur résolu de te pendre,
Et, pour comble de maux, réduit à la reprendre.
K E M A R jQ U E S.
Ce vers & les fuivans contiennent la for-mule du Libelle de Divorce, qui étoit enusage anciennement. Res tuas tibi habeto ;Tuas res ùbì agita , &c. Loi 1. §• t» au Di-geste de divartiis & repudiis.
Vers 721. Dans ses prétentions une femmee fi fans borne .] La Coutume deParis est ex-trêmement favorable aux Femmes. » Parmi
nous, dit Patru, Plaid. 9. les Femm^» ont des Douaires & des préciputs, ell eS» partagent la communauté, où pourtant» elles n’apportent presque rien que le bon-» heur de leur sexe, Sc la saveur de nos» Coutumes. Enfin à bien parler, elles s ont:« les principales héritières de leurs Maris*