S A T I R E X I.
En un mot parcourons & la Mer & la Terre:i o Interrogeons Marchands, Financiers, Gens de Guerre -Courtisans, Magistrats : chez Eux, st je les croy,LTnterest ne peut rien, l’Honneur seul fait la loy.
Cependant, lors qu aux yeux leur portant la lanterne,J’examine au grand jour l'esprit qui les gouverne,i ^ Je n apperçoy par tout que folle Ambition,
Foibleste, Iniquité, Fourbe, Corruption;
Que ridicule orgueil de soi-mesme idolâtre.
Le Monde, à mon avis, est comme un grand Théâtre,Où chacun en public l’un par l’autre abusé,
20 Souvent à ce qu’il est, joue un rôle opposé.
Tous les jours on y voit, orné d’un faux viíage,Impudemment le Fou representer le Sage;LTgnorant s’ériger en Sçavant fastueux,
Et le plus vil Faquin trancher du Vertueux.
25 Mais, quelque fol eípoirdont leur orgueil les berce,Bien-tost on les connoist, & la Verité perce»
On a beau se farder aux yeux de TUnivers;
A la fìn fur quelqu’un de nos vices couvertsLe Public malin jette un œil inévitable ;
30 Et bien-tost la Censure, au regard formidable,
R E M A R g U E S.
Vers 13 .__ Lors quauX yeux leur
portant la lanterne. ] Diogéne le Cyniqueportoit une lanterne en plein jour, & diíoitslu’il cfyerchoit un Homme..
^ y ers Le Ris fur son visage est en mrn-
vaife humeur. ] Un jour à Baville, M<Lamoignon pria l’Auteur de lire à un GrandSeigneur très - caustique, la Satire à s 0 ^Esprit . Après l’avoir ecourée d’un air froid,ce Seigneur lui dit très-fèchement : V^