-54 SATIRE XI.
Un faux Brave à vanter ía prouesse frivole ;
Un vray Fourbe à jamais ne garder fa parole;
5 ji Ce Poète à noircir d'insipides papiers ;
Ce Marquis à fçavoir frauder ses Créanciers ;
Un Libertin à rompre 8c jeufhes 8c Careíme ;
Un Fou perdu d’honneur à braver l’Honneur mesine.L’un d’Eux a-t-il raison? Quipourroitle penser ?
6 o Qu’est-ce donc que l’Honneur que tout doit embrasser *Est-ce de voir, dis-moy, vanter noíìre éloquence ;D’exceller en courage, en adreíïe, en prudence ;
De voir à noíìre aspect tout trembler fous les Cieux ;De poífeder enfin mille dons précieux ?
6j Mais avec tous ces dons de f esprit 8c de l’ameUn Roy mefme souvent peut n’eíìre qu’un infâme ,Qu’un Herode, un Libéré effroyable à nommer.
Où donc est cet Honneur qui seul doit nous charmer?Quoi qu en fes beaux discours S. Evremond nous prône*70 Aujourd’huy j’en croiray Seneque avant Pétrone.
R E M A R QU E S.
PaBole rouler. J Le PaBole Riviere de l’Asiemineure , qui roule de l’or parmi íòn gra-vier.
Vers 70. Aujourd'hui f encroirai Sénequeavant Pétrone. J L’Auteur oppose la Moraleaustère de Sénéque à la Morale licencieu-se de Petrône. Et par-là il censure S. Evre-mond, qui eflìmoit beaucoup plus la person-ne de Sénéque que ses ouvrages, & qui louoitau contraire les fentimens délicats , le luxepoli , & les voluptés étudiées de Pétrone .Voyez Jugement for Sénéque , Plutar-que dc Petrône. » Au reste. S, Evremond
» n’est qu’un Charlatan de ruelles , qui ^» panade en íès termes étudiés , Sc i eS» maximes prétendues Philosophiques ; lia» faux Aristarque, qui veut toujours juger,” Sc prend íouvent l’ombre pour le corps- ^C’est ainsi qu’en parloit M. Deípréaux.
Vers 78, éSPefl qu un plus grand V 0 'leur, Sec. j Ce vers & les trois précedeu scontiennent le sens de la réponse que “un Pirate au même Alexandre , qui luiprochoit íà condition : Je fuis m Pir ate Jdit-il, parce que je n ai qu"un vaisfeaa í Psavois me Armée navale je serois éiP