SATIRE XII. 149
Fui donc. Mais non, demeure ; un Démon qui m ! 'inspire^eut qu’encore une utile Sc derniere Satire ,ce pas en mon livre exprimant tes noirceurs,
Se vienne, en nombre pair, joindre à ses Onze Soeurs;Ft je sens que ta veûë échauffe mon audace.
Viens, approche : Voyons, malgré sage Sc ía glace,^i Ma Muse aujourd’hui sortant de sa langueur,
Fourra trouver encor un reste de vigueur.
^lais où tend, dira-t-on, ce projet fantastique?
vaudroit-iipas mieux dans mes vers,moins caustique,Répandre de tes jeux le sel réjouissant,
Que d’aller contre toi sur ce ton menaçantFouíser jusqu a sexcés ma critique boutade?
0 Je ferois mieux, j’entens, d’imiter Benserade.
F est par lui qu autrefois mise en son plus beau jour,Vu fçus, trompant les yeux du Peuple Sc de la Cour,Feur faire à la faveur de tes bluettes folles,
Gouster comme bons mots tes quolibets frivoles.
^ ^ais ce n’est plus le temps. Le Public détrompé,
D un pareil enjoûment ne fe sent plus frappé.
Ves bons mots autrefois délices des ruelles,■Approuvez chez les Grands, applaudis chez les Belles,40 ^° rs Ino< J e aujourd’huy chez nos plus froids badins,^°nt des collets montez Sc des vertugadins.
3 ) P
R E M A R Q U E S.
0l »tes qui subside encore chez lui.
vers ■ - r. , ^ ,,
p. 1 4o. Sont des Collets-montez,, & des* irtu &&dins. ] Les Collets-montez, & les Ver-
tugadins étoient anciennement des piècesde Thabillement des femmes.