S A TIRE XII. ï
Du nom de fierté noble on orna l’impudence,
Et la fourbe passa pour exquise prudence:
L audace brilla seule aux yeux de f Univers,*
^ Et pour vraiment Héros, chez les hommes pervers,On ne reconnut plus qu usurpateurs iniques,
Que tyranniques Roy s censez grands Politiques -Qu infâmes scélérats à la gloire aípirans,j Et voleurs reveslus du nom de Conquerans.
1 Mais à quoi s’attacha ta sçavante malice ìOe fut íur-tout à faire ignorer la Justice.
Eans les plus claires lois ton ambiguitéRépandant Ion adroite & fine obscurité,j Aux yeux embarrassez des Juges les plus sages,"Eout sens devint douteux, tout mot eut deux viíagElus on crut pénétrer, moins on fut éclairci ;
Ee texte fut souvent par la glose obscurci :
Et pour comble de maux, à tes raisons frivolesj E’Eloquence prestant l’ornement des paroles,
' Eous les jours accablé fous leur commun effort,Ee vrai p alfa pour faux, & le bon droit eut tort.^°ilà comment déchu de fa grandeur premiere ,Concluons, l’homme enfin perdit toute lumière,^0 ^ E ar tes y eux trompeurs se figurant tout voir,
vit, ne sçut plus rien, ne put plus rien sçavoir.De la Raison pourtant, par le vrai Dieu guidée.E r esta quelque trace encor dans la Judée.
Tome L
V