CHANT TROISIEME. 301
Aimez donc ses Eserits, mais d’un amour sincère.U’est avoir profité que de sçavoir s’y plaire.
Un Poëme excellent, où tout marche , Sc se fuit,^ ïo N*est pas de ces travaux qu’un caprice produit.
H veut du temps, des soins; Sc ce pénible ouvrageJamais d’unEscolier ne fut 1 apprentissage.
Alais souvent parmi nous un Poète fans art,
Qu’un beau feu quelquefois échauffa par hazard,
J Enflant d’un vain orgueil son esprit chimérique, •Eierement prend en main la Trompette héroïque.
Sa Muse déréglée, en ses Vers vagabonds,s’éleve jamais que par sauts Sc par bonds ;
3^o ^ ^° n ^ eU ’ âêpourveu de sens Sc de lecture,
S esteint à chaque pas, faute de nourriture.
Alais envain le Public, prompt à le mépriser,
De son mérité seux le veut désabuser.
Luy-mefme applaudissent à son maigre genie,
■ Se donne par ses mains l’encens qu’on luy dénie.
5 Virgile, au prix de luy, n’a point d’invention.Homere n’entend point la noble fiction.
Si contre cet arrest le Siecle se rebelle,
A la Postérité d’abord il en appelle.
REMARQUES.
prêter son C este, c’est-à-dire, cette merVe illeuse Ceinture, oh, suivant la Traduction de Madame Daciex ,se trouvaient ton^ es charmes les pins fíduÚeurs , les attraits1 amour, les désirs, les amusemens , les en! ret mssecrets , lesinnoçentes tromperies, <i
le charmant baàinage qui insensiblementsurprend r esprit & le cœur des plus sensés.
Vers 3 oíí. ■ Court a l’évenemenf. ]
Horace, Art poétique.
Semper ai eventam fefimat.