CHANT TROISIEME. zoz
Sans fiel Sc fans venin sçeut instruire Sc reprendre ;
Et plût innocemment dans les Vers de Ménandre.Lhacun peint avec art dans ce nouveau miroir *
^ Y vit avec plaisir, ou crût ne s’y point voir.
^ L Avare des premiers rit du tableau fideleD un Avare, souvent tracé sur son modele ,*
Et mille fois un Fat finement exprimé,
Méconnut le portrait fur luy-mesme formé.
Que la Nature donc soitvostre estude unique,Autheurs, qui prétendez aux honneurs du Comique»Quiconque voit bien rHomme,*& d’un esprit profond,De tant de cœurs cachez a pénétré le fond :
Qui sçait bien ce que c’est qu un Prodigue, un Avare,^ En honneste Homme, un Fat, un Jaloux, un Bizarre,^ Sur nne sçene heureuse il peut les estaler,
Et les faire à nos yeux vivre, agir, Sc parler.Erefentez-en par tout les images naïves.
Que chacun y soit peint des couleurs les plus vives.La Nature, seconde en bizarres portraits,
0 Dans chaque ame est marquée à de differens traits.
En geste la découvre, un rien la fait paroistre :
^lais touCeíjprit ria pas des yeux pour la connoistre.
REMARQUE S.
Vers 3 52. Ut plut innocemment dans les^ ey, s de Menandre. ] La Comédie Grecque* e u trois âges, ou trois états différens,Uans l’ancienne Comédie , les aventurestes noms étoient véritables. Socrate s en-tendit nommer & le vrt jouer ííir.le Théâ-
tre d’Athènes. Dans la Comédie moyenne,les aventures surent aussi véritables ; maisles noms furent,supposés. Enfin, la Comé-die nouvelle, réduite aux régies de 1a bien-séance , ne marqua plus les noms , ni lesvisages.