CHANT TROISIEME.’ 30 y
Estudiez la Cour, Sc connoissez la Ville.
E Une Sc l’autre est tousjours en modelés fertile.
Oest par là que Molière, illustrant ses Escrits,Eeut-estre de son Art eust remporte le prix ;
^5 Si moins ami du peuple, en ses doctes peintures,n u’eust point fait souvent grimacer ses figures ;
Quitté , pour le bouffon, l’agréable Sc le fin,
Et fans honte à Terence allié Tabarin.
E^ans ce sac ridicule où Scapin s’envelope,
Je ne reconnois plus l’Autheur du Misanthrope.
Le Comique, ennemi des soupirs Sc des pleurs, •^admet point en ses Vers de tragiques douleurs:■^Jais son employ n’est pas d’aller dans une place,
J^e mots sales Sc bas charmer la populace.
II faut que ses Acteurs badinent noblement:
Que son nœud bien formé se dénoue aisément:
Que s Action, marchant où la Raison la guide ,
Ne se perde jamais dans une Sçene vuide;
REMARQUES.
Ne sorte feniles
Mandentur juveni fartes , pueroque viri-les , &c.
Vers 3 94. Peut-estre de fort art eufl rem-P°rtêle prix. ] De tous les Auteurs modcr-nes 3 Molière étoit celui que M. Deípréauxe stìmoit ôc admiroit le plus.
r , V ets 395 .Si moins Ami du peuple, Sic. _c ft'à-dire, du Parterre.
Vers 3^8. —>— A Tereme allié Taba-
Tome /.
ri». J Tabarin , V. la note lut le vórs 86^du premier Chant.
Vers 399. Dans ce sac ridicule ou Scapins’envelope. ] Les Fourberies de Scapin, Co-médie de Molière. Ce n’est pas Scapirf quis’envelope dans un íàc : e’est le vieux Gé_ronte à qui Scapin persuade de s’y cnvelo-per. Au surplus , les Fourberies de Scapin ,font une Farce , & le Misanthrope , uneComédie. Dans la Farce, Molière s’estprêté au mauvais goût de son Siécle ; dansla Comedie, il a suivi ion propre goût.
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