CHANT QUATRIEME. zir
C*est luy qui vous dira, par quel traníport heureux,Quelquefois dans fa course un Eíprit vigoureuxTrop resserré par f Art, fort des réglés prescrites,
Et de f Art mefme apprend à franchir leurs limites,
Mais ce parfait Censeur se trouve rarement.
Tel excelle à rimer qui juge. sottement.
Tel s’est fait par fes Vers distinguer dans la Ville,
Qui jamais de Lucain n’a distingué Virgile.
Autheurs, prestez f oreille à mes instructions.Eoulez-vous faire aimer vos riches fictions ?
Qu’en fçavantes leçons vostre Muse fertileEar tout joigne au plaisant le solide & futile.
En Lecteur sage fuit un vain amusement,
9° Et veut mettre à profit son divertissement.
Que vostre Ame & vos Mœurs,peintes dans vos ouvragesN offrent jamais de vous que de nobles images.
Je ne puis estimer ces dangereux Autheurs,
Qui de l’honneur, en Vers, infâmes déserteurs,
REMARQUES.
* tous les Poëtes Latins. Et j’ai ouï de mes3> oreilles avec étonnement P. Corneille31 la donner à Lucain fur Virgile. J’ajoute-31 rois encore Brebeuf que j’ai vû dans les33 mêmes íèntimens , s’il ne me paraissait
* plus digne du nom d’excellent Versifi-33 cateur, que de grand Poëte. » Huetiana ,P* 177. St 178. Huetii Comment. Lib. I.
Vers 88. Par tout joigne au plaisant lesolide & rutile. ] Art Poétique a’Horace ,VeTs 343*
Omne tulit pmiïnm,qttì miscm tuile ddei.
Vers 91. Que vo{lre ame & vos mœurspeintes dans vos ouvrages. ] Dans toutes leséditions, 1 ‘Auteur avoít mis, Peints danstous vos ouvrages-, quoique ce mot, peints ,qui est «n Participe masculin, se rapportâtà Ame 8 c à mœurs , deux mots féminins.M. Gibert, Professeur de R hétorique, estle premier qui ait fait appercevoir cettefaute à l'Auteur. Il s’étonna qU’elle eûtediape pendant íì long-temps à la critiquede fes arais, & de fes ennemis.