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Tome premier.
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CHANT PREMIER.

De vostre dignité soustenez mieux l’esclat.

Io ° Est-ce pour travailler que vous estes Prélat?

A quoy bon ce dégoust, Sc ce zele inutile?j Est-ildonc pour jeusner Quatre-temps, ou Vigile?Reprenez vos esprits, Sc souvenez-vous bien,

Qu’un diíner réchauffé ne valut jamais rien.

^ Ainsi dit Gilotin, Sc ce Ministre sageSur table, au meíme instant, fait servir le potage.

Le Prélat voit la soupe, Sc plein d’un saint respectDemeure quelque temps muet à cet aspect.

^ Il cede,il disne enfin: mais tous j ours plus farouche.Les morceaux trop hastez se pressent dans fa bouche.Gilotin en gémit, Sc sortant de fureur,

Ghez tous ses Partisans va semer la terreur.

On voit courir chez luy leurs troupes eíperduës :

^ Gomme l'on voit marcher les bataillons de Grues,*

I Quand le Pygmée altier, redoublant ses efforts,

De l’Hebre ou du Strymon vient d’occuper les bords.A l’aspect imprévu de leur foule agréable,

Le Prélat radouci veut se lever de table.

RE M ARQUES.

( Vers 93 .Le prudent Gilotin. &cc. ] Sonv eritable nom étoit Guéronet. Le TrésorierLú donna ensuite la Cure de la Sainte-Cha-pellç.

Vers iir. Chez. tous ses Partisans, &c. ]Les Chantres subalternes étoient dans leParti duThrésorier contre le Chantre & lesoutres Chanoines ; parce que ceux-ci leurïesuí'oient certains droits.

Vers 115. Quand le Pygmée altier, & c. ]Peuple fabuleux, aux environs de l’Hebre& du Strymon, fleuves de Thrace. LesPygmées n’avoient qu’une coudée de hau-teur ; ils étoient en guerre continuelle avecles Grues, qui châtièrent ces petits hom-mes de la ville de Gérante. Pline, Livre IVchap. n.

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