CRITIQUES. 221
tirer de l’aveuglement où vous vous estes jette vous-mefme , par trop de confiance en vostre grande Sc hau-taine érudition.
Avant que d’aller plus loin - souffrez, Monsieur, queìe vous demande comment il íe peut faire qu un aussihabile homme que vous, voulant escrire contre un en-droit de ma Préfacé aussi considérable que 1 est celuy queVous attaquez, ne se soit pas donne la peine de lire cetendroit, auquel il ne paroist pas mefine que vous ayezfait aucune attention. Car si vous saviez leu - si vouslaviez examiné un peu de prés, me diriez-vous, eom-tue vous faites, pour monstrer que ces paroles, DieuIT, Sc c. n ont rien de sublime, qu elles ne font pointdans le stile sublime ; íiir ce qu il n y a point de grandsmots, Sc quelles font énoncées avec une tres-grandesimplicité? Navois-je pas prévenu vostre objection, enaífeurant, comme je laífeure dans cette mefmePréfacé,que par Sublime en cet endroit, Longin "n entend pasce que nous appelions le stile sublime ; mais cet extraor-dinaire Sc ce merveilleux qui fe trouve souvent dans lesparoles les plus simples, & dont la simplicité mefme faitquelquefois la sublimité ? Ce que vous avez si peu com-pris - que mefme à quelques pages de là- bien loin deconvenir qu il y a du sublime dans les paroles que Moïsefait prononcer à Dieu au commencement de la Geneíe,Vous prétendez que si Moïse avoit mis là du sublime, ilsuroît péché contre toutes les réglés de f Art, qui veut