514 DISCOURS SUR LA SATIRE.
leur goût particulier, renoncer au sens commun 1 Fau-dra-t-il applaudir indifféremment à toutes les imperti-nences qu’un ridicule aura répandues íìir le papier ? Ftau lieu (i) qu en certains pays on condamnoit les mé-dians Poètes à effacer leurs Ecrits avec la langue,l eSlivres deviendront-ils désormais un asyle inviolable, oUtoutes les sottises auront droit de bourgeoisie ; où ï° nn’osera toucher ían& profanation ? J’aurois bien d’autr^choses à dire fur ce*' sujet. Mais comme j’ai déja trait?de cette matière dans ma neuvième Satire, il est b 0lîd’y renvoyer le Lecteur.
R E M A R ES.
(i) En certains pays. ] A Lyon, dans unTemple célébré , que les soixante Nationsdes Gaules firent bâtir en l'honneur de l’Era-.pereur Auguste , au confluent du Rhône &de la Saône, dans l’endroit où est à présentl’Abbaye d’Aifnay. L'Empereur Caligula yinstitua des Jeux, & y fonda des prix pourJes disputes d’Eloquence & de Poésie ; il* établit auffi des peines contre ceux qui ne
réussiraient pas. Les vaincus étoient obhsi^de donner des prix aux vainqueurs > &composer des discours à leur louange. Sceux dont les discours avoient estétrou'jles plus mauvais, ils estoient contraints deesiàcer avec la langue , ou avec une ep° n
ou
ge; pour éviter d’estre battus de verges >plongés dans le Rhône. Suétone , Vie íe &gula,iQ.