de L’astronomie moderne. * 5
§. XI.
Si jamais on a proposé un système hardi, c estcelui de Copernic : il falloit contredire tous leshommes , qui ne jugent que par les sens ; il falloitleur persuader que ce qu’ils voient nexiste pas;en vain, depuis leur naissance , où le jour a frappeleurs regards, ils ont vu le Soleil s’avancer majes-tueusement de l’orient à l’occident, et traverser leciel entier dans sa course lumineuse ; en vain lesétoiles, libres de b riller d ans son absence, s avancent
sur ses pas, et font le même chemin pendantla nuit;en vain le Soleil paroît chaque jour, et dans le coursde l’année, s’éloigner des étoiles, qui se dégagentsuccessivement de ses rayons : Soleil, étoiles, toutest immobile; il n’est de mouvement que dans lalourde masse que nous habitons ; il faut oublier lemouvement que nous voyons, pour croire a celuique nous ne sentons pas ; c'est un homme seul quiose le proposer, et tout cela pour substituer unecertaine vraisemblance de l’esprit, sentie par unpetit nombre de philosophes, à celle des sens quientraîne la multitude. Ce n’est pas tout, il falloitdétruire un système reçu, approuvé dans les troisparties du monde, et renverser le trùne de Pto-lémée, qui avoit reçu les hommag es de quatorzesiècles; sans doute les difficultés produisent le cou-