DE L’ASTRONOMIE MODERNE. 63d’ailleurs, qui a dit à ces philosophes que Dieu avoit également peuplé tous ces cantons de l’es-pace ? La variété est l’ornement du monde ; nousvoyons le ciel inégalement parsemé d’étoiles ; icileurs globes sont poussés et serrés ; là des partiesvides semblent des ombres pour faire valoir lalumière ; et dans l’ordre des planètes ,1a main quia disposé toutes choses , en a rnis trois , Mercure,Vénus et la Lune , dans la distance du Soleil àla Terre ; tandis qu’il ny en a qu’une dans cellede la Terre à Jupiter , qui est quatre à cinq foisplus grande’’; tandis que , dans la distance de Ju-piter à Saturne , égale à cette dernière, il n’y eua point du tout. La nature n'est connue que parla nature ; il est absurde de l’opposer à elle-même.
Tycho faisoit une objection plus forte contrele système de Copernic . Si, disoit-il , la distancedes étoiles à la Terre est si grande que notre globeest absolument invisible , que l'espace enfermépar l’orbe que nous parcourons n’est même qu’unpoint insensible pour un spectateur qui seroit placedans une étoile, comment se fait-il que nous aper-cevions cette étoile? peut-elle avoir un diamètresensible pour nous ? Elle occupe donc un espaceplus considérable que le grand orbe de la Terre ,dont le diamètre a plus de 60,000,000 de lieues;le diamètre des étoiles est donc 5o,oqo fois plu#