CE L’ASTRONOMIE MODERNE. 111la des applications sans nombre, des comparai-sons multipliées, d’où sortent des rapports et desvérités. Cette pensée fut la règle de ses travaux;elle est devenue la base de la 'physique et de1 Astronomie , et si Kepler , en voyant beaucoup,n ’a pas tout vu, nous sommes aujourd’hui guidéspar ses pensées, et nous voyons encore par sesyeux.
Emporté presque invinciblement vers la con-noissance des causes, Kepler ne rencontra pasun fait dont il ne cherchât l’explication. Tychomodéra quelque temps celte ardeur, en la rap-pelant aux faits et aux observations , en lui fer-mant même les dépôts où ils étoient contenus.Mais, lorsque la mort de Tycho fit passer ces dé-pôts à son successeur , il y vit un immense re-cueil de vérités; il les considéra comme les ma-tériaux de l’édifice du monde ; peut-être y voyoit-il déjà l’ordre de l'univers , les causes du mou-vement et les lois de la nature, comme un sta-tuaire habile aperçoit dans la masse d’un bloc demarbre une belle figure , dont l’attitude et lesproportions existent dans sa tête. Il médite cesobservations pendant sept ans , avec une sagacitéégale à sa persévérance ; et ces sept années pro-duisirent le Commentaire sur les mouvemens deMars ; l’un des plus beaux ouvrages qui aient ja-