8o LA FORTIFICATIONqu’ils fçurent fi bien remplir; mais ils y eurent desdéfagrémens, Sc éprouvèrent des disgrâces, dontleur mérite eût dû les garantir fous un règne, oùdes talens aussi supérieurs , eussent été mieuxsentis; tandis qu’on voit d’un autre côté, dansceux qui les ont remplacés, par la nominationpersonnelle duRoi, les choix les plus communs:des choix- enfin qui ont mis fur la fin de sonrègne, l’État à deux doigts de fa perte.
Le premier foin de Louis XIV, après la mort<ju.Cardinal Mazarin, fut d’exclure de son Con- w^ feil, les personnes qu’il jugea pouvoir être lesplus soupçonnées de le gouverner ; Sc de cemoment la Reine fa mère, & le Maréchal deVilleroy son Gouverneur, n'y furent plus admis.Çe Prince fut toujours préoccupé de la craintequ'on ne pensât que quelqu’un pût partager íàpuissance. Il.n’est point de foible plus grand dansun Roi de France. Qui esl-ce qui peut douterqu’elle ne soit entière dans ses mains - toutes lesfois qu’il fe décide à l’exercer par lui-même?Mais il faut nécessairement qu’il la communique;ses Parlemens ne jugent qu’en observant les loix■émanées de la Puissance Royale. S’ils partagent
son