ment comme dans les métairies. La manière la plus économique , la plus expéditive et la plussûre de construire les citernes , est en Lé ton. Ce genre de maçonnerie , que les anciensemployaient avec succès , est un mélange de sable et de gravier, combiné avec la cbauxrécemment tirée du four, et en quantité égale : voici la manière de l’employer.
«L’excavation faite sur la profondeur et largeur convenues, on fait le fond ou plancher, eton lui donne depuis douze jusqu’à dix-huit pouces d’épaisseur ; si on peut se procurer facile-ment une bonne argile , bien liante et bien coroyée , on fera très-bien d’en faire un lit sur lesol, de le bien battre ; et de le bien piétiner, avant de jeter le lit de béton. Cette couche deglaise empêchera la terre inférieure d’absorber une partie de l’humidité dont le béton est im~bibé et qui est essentiel à sa cristallisation.
» Le fondement une fois fait , il faut songer aux côtés ; et si l’on peut commencer le jourmême , ou au plus tard deux jours après, à jeter le béton pour les murs de côté ; ce quisuppose deux précautions qu’on doit avoir prises auparavant ; 1°. couvrir le fond de planchesafin que la terre ne se mêle point avec le béton, et ces planches doivent laisser entr’elleset les parois de la terre de côté , l’espace que doit occuper le mur des côtés ; 2 U . avoir desplanches d’une ou de plusieurs pièces, et aussi longues que les côtés , moins l’épaisseur desmurs j elles seront clouées sur des pièces de bois droites de 4 °. d’épaisseur et plus, suivant lahauteur que devra avoir le mur ; enfin quand on aura fait l’encaissement intérieur , la terredes côtés formant naturellement l’encaissement extérieur, on remplira ce vide avec le béton ;on sent bien que malgré la force des pièces de bois placées perpendiculairement pour soutenirles planches d’encaissement, ces bois devraient nécessairement s’écarter à cause de la pressiondu béton. On y remédie, i°. en formant un assemblage général de ces pièces de bois , pardes mortaises qui les lient par le haut et par le bas; 2°. en les buttant et contre-buttant depart et d’autre. L’encaissement une fois fait et bien assujetti, on coule le béton qui doit fairele mur de côté , et on a soin auparavant de bien nétoyer de toutes terres et autres ordures ,les parties du béton du plancher qui doit porter les murs. Le même encadrage doit subsistersur les planches qui couvrent le béton du sol : sans cette précautiou , celui des côtés presseraitsur le béton du fond , et il s’amoncelerait dans le milieu au lieu de rester dans son encais-sement.
n On «ura à craindre ce refoulement, si le béton est trop noyé d’eau ; mais s’il est bien fait ,c’est-à-dire bien broyé et d’une consistance que l’expérience seule apprend a connaître , on.pourra couler la voûte de la citerne ; si on veut éviter les dépenses qu’entraîne l’encaissementintérieur, ou noyau en bois, on peut ouvrir des tranchées, et, dans ce cas, après avoir enlevéle terrain qui faisait le noyau , on bétonnera le fond, après avoir établi un fort corroi de glaisesur le sol.
)) La seconde manière est de construire le fond, les côtés et la voûte en maçonnerie, dontle mortier sera moitié chaux, un quart sable fin et un quart pouzzolane; cette terre volca-nique n’est plus aujourd’hui si rare en France qu’elle l’était autrefois , depuis qu on sait quedes volcans sans nombre ont calciné le sol d’une très-grande partie de nos provinces. La ma-çonnerie en pouzzolane s’exécute comme celle faite avec le mortier ordinaire ; mais l’ouvrier