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Tome I. [A - D.]
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ces & belles fontaines» Ún Parlement y fut établi par LôûíSXII. Il y a outre cela Généralité, Cour des Aides,Chambredes Comptes, Université & Archevêché. Elle a pour Me-tropolitaine l’Eglise de S. Sauveur , ornée d’une haute tourexagone , où les cloches íont pendues aux-fenêtres, pour neles' point sonner en branle ; mais seulement les faire tournerlans deflus dessous, qûi est la façon ordinaire d’Espagne ,d’Italie , & de quelques autres endroits de l’Europe. LeBaptistaire dont on admire la "structure est tout de marbreblanc, ainsi que les colomnes qui soutiennent ce qui couvreles Fonts baptismaux en façon de petit dôme. La Chapellede Notre-Dame d’Efperançe est fort remarquable par fesornemens, fes tableaux, fes lampes d’argent, & autres riches-ses, & par le tombeau d J une famille tres-noble , dont les fi-gures font reprefentées au dessus en marbre blanc. Prochede cetteChapelle est le tombeau de Nôtre-Seigneur avec despersonnages tres-bien figurez. II y a dans le chœur deuxtombeaux de Comtes de Provence, l’un du côté*de l’Evan-gile du grand Autel, & l’autre derriere. II fait fort sombredans cette Eglise , ce qui est la marque de son antiquité,sur tout dans une petite Chapelle qui fut bâtie par SaintMaximin, & où son dit que mourut la Madeleine. La pla-ce des Jacobins est Tune des plus considérables de la ville.On y voit le Palais qui a une Chambre où les Rois de Fran-ce íont representez dans le plat-fond,& dans une autre tousles Présideras & les Conseillers fort au naturel,assis en la mê-me posture qu ils font en exerçant la Justice. L’£glife& leCollege des Jésuites font dans le plus beau quartier de laville, où les rues font larges, & remplies de grands bâti-mens, qui donnent lieu de penser qu’elle s’estaccruë de cecôté-là, comme de celuy de la place d’Orbitelle, qui a cinqcens pas de long avec deux allées d’arbres, qu’un grandbassin orné de fa fontaine distingue par le milieu. Cette

{ >lace est environnée de beaux édifices semblables à ceux dea petite place de Saint Sauveur où il y a un beau jet d’eau.La Maison de Ville passe pour le plus parfait de tous.Ce fontquatre corps de logis csune belle architecture, qui sermentune grande cour,8c qui sont encore tout neufs. Son beffroyest sune des belles horloges de France. 11 est dans une rué'qui conduit dans la place où se tient le Marché, qui est unechose agréable à voir pour la diversité des fruits & des au-tres denrées que son y vend. Cetteplace est dans sendroitle plus peuplé de layille,& ç’en est le qtiartier le plus ancien,netant composé que de petites ri; ës étroites & tournoyantes,qui sont derriere le Palais. 11 isy a presque qu’un fauxbourgà Aix.On sappelle U Bourgade.C eh où sont les Convens desMinimes&desChartreux.La petite riviere deLare passe à unemousquetade de la ville,proche de laquelle on voit le champde bataille où Marius pendant son second Consulat, défitsarmée des Cimbres & des Teutons. Les Romains se servi-rent d’Aix, comme d’une place d’armes pour arrêter lescourses des Saliens. Les Vétérans de la quinzième Légion ysurent envoyez par Auguste,& Vespalien luy donna le droitde Colonie. Este a été souvent desolée par les Sarasins &autres Barbares que la fertilité de la Province & les riches-ses de la ville y attiroient. Les Comtes de Provence y ont'fait leur séjour ordinaire, & ont commencé de la mettre ens état où on la voit aujourd’huy. LTJniversité d’Aix doitson institution au Pape Alexandre V. qui la fonda en 1404.Loíiis III. Comte de Provence confirma cette fondation en1413. & elle fut rétablie en 1613. par les libérassiez du RoyHenry IV. * Jouvin de Roche for t. Voyage de France.

AIX. Ville de Savoye appellée anciennement Aquœ Gratta-nts , à cause que sEmpereur Gratien eut soin csy faire rebâ-tir les bains, qui attirent quantité' de monde, fur tout duDauphin é & du Lyonnois. Cette ville est Chef d’un Mar-quisat,tenu par la Maison de la Chambre. II y a un Doyen-né , avec un Chapitre de Chanoines Séculiers. On conserveen leur Eglise avec beaucoup de vénération un Crucifix,qu’on croit avoir été sait du bois de la vraye Croix , parsaint Jérôme. * Davit y, Savoye.

AIX ou sL. Isle en France prés de la Rochelle, dont ellessest éloignée que de quatre lieues.

AIX-en-Gotbe. Ville ou bourg de France, dans le Senonois.II est situé fur les confins du Pays.

AIX-LA-CHAPELLE. Ville libre d’Alemagne, enclavéedans le Duché de Juliers.^ Elle est située dans un terrainagréable, quoy qu’entouré de montagnes. Les Alemands lanomment Acb, ceux. du Bays-Bas Aken, & les Auteurs LatinsAquágranum, & Aquœ Grani. Quelques Géographes font per-suadez qu’elle fut appellée ainsi àcause de ses bains chauds ;

&d’autrés veillent qu’elle ait pris ce nom de SereriusGrà-nus qui la fit bâtir fous l’Empire d’Adrien, fan du Salut124. Les Huns la pillèrent fan 451. & la brûlèrent ensuite;Le nom d’Aix-la-Cbapelle , qu’elle a aujourd’huy, vient deson Eglise Collégiale, faite en façon de Chapelle. Elle estdédiée à Notre-Dame , & de forme ronde, & soutenue dêpiliers, qui étoient autrefois de marbre. Charlemagne quila fit bâtir,la dota d’un revenu capable d’entretenir plusieursChanoines, qui font le service avec beaucoup de magnifi-cence & de majesté.Le grand Autel tient sentrée du Chœur,où est representée Notre-Dame, avec le divin Enfant entreles bras. Le tombeau de Charlemagne paroît derriere cetteÇhapelle, soûtenu par quatre Anges. Cet Empereur tintlong-temps fa Cour dans cette ville , & y fit bâtir un grandPalais qu’on voit encore à présent. Du côté qu’il regarde làplace devant laquelle il est élevé , il est orné des figures desEmpereurs, & d’autres pieces de Sculpture, qui furent fortendommagées, lors qu’en 1656. le feu consuma toute'la vil-le , qu’on a rebâtie depuis ce temps-là plus belle qu’elle n’é-toit avant l’incendie. Quant à la place à laquelle aboutissenttrois ou quatre grandes rues droites,qui font connoître quela ville d’Aix est nouvellement bâtie , elle est entourée deplusieurs grands Palais, & a une fort belle fontaine au milieud’un grand bassin, où l’on voit la figure de Charlemagne ,avec fes habits Impériaux. Suivant ce qui se trouve ordon-né dans le huitième Chapitre de la Bulle d’Or, le Couron-nement des Empereurs se doit faire dansl’Egîise de Notre-Dame de cette ville. On y garde l’Epée 8í le Baudrier de! cet Empereur, avec un Livre d’Evangiles en lettres d’or ,dont il íe íervoit, que le Magistrat est obligé d’envoyer au1 lieu eùíè doit faire le Sacre, aprés que l’Electeur de Mayen-, ce luy en a donné avis. La Regence d’Aix la Chapelle estcomposée de Catholiques & de Protestans fous la protec-! tion du Duc de Juliers. Les Bains font à une mousquetade; de la ville. 11 y en a de chauds & de froids. Dans ceux que' que l’on appelle Royaux,' il y a des lieux appropriez pourI fe baigner commodément. On y descend par quelques de-; grez de marbre. * Jouvin de Rochefort, Voyage de Dane-; marck. Audiffret, Geogr. anc. & mod. Tome 3.

AIZU. Ville d’Asie, située fur la côte Orientale de l’Iílsde Nyphon , la principale de celles du Japjíbn. Elle est ca-pitale d’un petit Royaume qui porte aussi le nom d’Aiz,u,enLatin Aiz.ua. Ce Royaume est dans la partie Septentrionaledu Pays d’Ochio en tirant vers la terre de Jedzo, entre lesRoyaumes de Nambo & de Vozo.

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A KANCEAS. .Sauvages de l’Amerique Septentrionaleà huit lieues de ceux cjue l’on appelle Cappa. Leursterres renferment plus de soixante lieuës, & ils font divisezen plusieurs villages- L’un appellé Togengau est situé fur lebord d’un fleuve. A deux lieuës de là est celuy de Torimant ,&*six lieuës plus loin , celuy d ’ozotoni. Ce Climat est fur le34. degré de latitude. Le Pays abonde par tout en grains, enfruits & en gibier de toutes efpeces. La température del’air y est merveilleuse. On n’y voit jamais de neige, & tres-peu ne glace. Leurs cabanes sont bâties de bois de cedre, &entierement nattées en dedans. Ils n’ont point de culte dé-terminé, & adorent toutes sortes d’animaux, ou pour mieuxdire ils ne reverent qu’une feule Divinité qu’ils prétendentse manifester dans un certain animal tel qu’il plaît à leurJongleur de le choisir. C’est tantôt un bœuf, tantôt unchien, & tantôt un orignac, ou quelqu’autre. Quand ce*Dieu sensible est mort, c’est un deuil universel, qui se chan-ge peu de temps aprés en joye par le choix qu’ils font d’u-ne nouvelle Divinité, qui se prend toujours entre les bru-tes. * Nouvelle Relation de l’Amerìque Septentr. 1687.

AKAS. Petite ville du Japon fort agréable, à peu de dis-tance de Swoia. Elle a d’un côté un château tres-bien forti-fié , qui est revêtu de pierre. Le sieur Van Zelderen , Am-baíîàdeur au Japon pour les Hollandois vers fan 1660. rap-porte qu’y ayant passé en allant à Meaco, il trouva la villeen un pitoyable état. Plus de la moitié étoit renversée, lesmaisons ayant été les unes entierement abîmées, 8c les au-tres en partie. Ce qui restoit n’étoit nullement endommagé ?mais la tristesse étoit peinte fur tous les visages. Un tremble-ment de terre qui dura deux jours avoit causé cette désola-tion. II avoit été suivi d’un incendie qui avoit fait de tres-grands ravages, & ensuite une infinité de personnes avoientété étouffées de vapeurs malignes. Assez prés d’Akas est uns

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