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Tome I. [A - D.]
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■fit pointer un gros canon contre le plus foible ehdioit du*pur ; & les habitans voyant qu’il en avoit renverse une par-tie du premier coup, firent signe avec uh bonnet du naud une tour, qu’ils vouloient capituler. On leur pci mit e etetirer le lendemain vers la montagne avec leurs lemmes ocleurs en fans, & tout ce qu bis purent emporter. Alcaçar-Ceguer fut ainsi réduite fous í’obéïïïànce du Roy de I 01-îugal , qui entra dans la ville fan 1458. à pied , & a a enprocession jusou’à la Mosquée, qu’il sit consacrer au nomde Notre-Dame de la Conception. LeRoydeFe'z la vintassiéger f année suivante avec une puissante armés ; maïs lagarnison fit une défense si vigoureuse,qu’il sut contraint dese retirer. II eut la même honte six moisaprés,& la tint inu-tilement assiégée 53. jours,quoy quai eût une armee de centmille combattans, & quantité d’artillerie.Le Roy-dePortu-gal abandonna cette Place ensuite, à cause du peu d uti-lité qu’il en retiroit, & de la grandeur de la depense.*Mai -mol, Tome 2. liv. 4. ch. 54.

ALCAÇAR DO SAL. Petite ville de Portugal , dansf Estremadúre, en Latin Saluent. Elle est située fur la riviè-re de Zadan, entre Ebora & Setubal, à sept lieues de cettederniere ville, dont elle dépend. Cette place a de fort bon-nes murailles, avec un château qui passe pour imprenable,ct ant taillé dans le roc. On y fait du sel fort blanc, & il ya quatre cens habitans qui composent deux Paroisses»* Am-rnsio Morales. Befcr. Sumaria del Eejno de Portugal.

' ALCAÇAR-QUlVIR , ou Alcaçar d’Abdulquerim.Vûhd’Afrique dans la Province d’Asgar, Royaume de Fez. Elledoit là fondation à Jacob Almansor IV. Roy des Almoha-des. Ce Prince étant à la chassie en ces quartiers-ià, se perdit■ssi soirparmi plusieurs lacs & marécages , & une tempete«tant survenue il mit pied à terre auprès d’un arbre, ne iça-«hant que devenir, jusqu â ce qu’à la clarté d une petite lu-mière, il vit un Pescheur d’anguilles, qui luy demanda cequ il faisoit-là. II répondit qu il étoit un des Ecuyers duPrince, & le pria de le reconduire au gròs d où il s etoit«garé. Le Pescheur effrayé du mauvais temps, dit que lo-chemin étant de trois lieues, il craindroitde lè perdre dansces marais, ajoutant fur les grandes promesses que le Princeluy faisoit, que quand ce seroit le Roy luy-meme qu il ai-moit de tout son coeur, la crainte de le voir périr dans cesmarais, fempêcheroit alors de le faire. Le Prince ayantdemandé pourquoy il íe íoucioit tant de la vie du Roy , lePescheur luy répondit que c’étoit à cause qu il les faisoitjouir de leurs biens en paix, & qu il gardoit la justice à f é-■gard du peuple.Là dessus il le conduisit vers fa cabane,&tuaun chevreau pour luy donner à souper. Le lendemain il leuaena retrouver ses gens qui le cherchqient de tous cotez, &’essioy s’étant fait connoître,lui demanda quelle récompensed souhaitoit. Le Pescheur ssien voulut point cf autre qu u-ue maison bâtie en ce lieu,où il pût finir ses jours en reposuvec fa famille. Le Roy y fit construire un riche Palais,où" alloit quelquefois se divertir, & f en fit Concierge.^ 11 fit«níuite fortifier ce Palais, & donna tant de privilèges à ceuxqui allerent demeurer dans les maisons que 1 on bâtit a 1 en-tour, qu en moins de rien il y eut plus de six cens habitans,a cause que le Pays est fort agréable. Le Palais prit le nomAbdulquerim , qui étoit ceiuy de ce Pescheur, & on 1 a de-?uis appelié Alcaçar-Oumr, ou le Grand Palais, pour le dif-tmguer à 1 Akaçar-c^uer, qui veut dire le Petit. Le fleuvet-ycus passe si prés de la Vll j e5 qu sil entre dedans quand il seoeborde, & entraîne les maisons. Elle est-peuplée de Mar-chands & d’Artisans ,& a plusieurs Mosquées & un Hôpi-tal. U n y a ni puits ni fontaine d’eau douce ; mais des ci-ternes par tout pour recevoir les eaux de pluye, dont lesf 1 .'tans de la ville se servent. Celles de 1 a rivière font mau-aiíes & chaudes, comme un bain pendant 1 Ete.Ce font desonnes gens, doux & libéraux, plûtôt simples que mali-d leux - Ils portent pour habillement une robbe de coton ,ont ils s’envelopent tout le corps comme d’une couvertu-p e * Leurs jardins font hors la ville,& ils y recueillent divex-t es fortes de fruits. Quant à leurs vignes, le raisin qu’ellesapportent a fort peu de goût, à caule qu elles sont dans unV e - Tous les Lundis on tient prés d’Alcaçar-Quivir undu Í C ,M> où abondent lesArabes de la contrée avec du bled,trç ta ’L des dattes, du beurre, de la laine, des cuirs, & au-si 0 ! IÏ, , arc fia n dises. Depuis que le Roy de Portugal a aban-^rzile, ils sont riches, & beaucoup plus en reposçSssiétoient auparavant.*Marmol, Tom. z. sv. 4- ch. 41*çij e e 3 ^edit MarmoldufleuveLycus,qui passe tout pro-Q Ûlca^ar-Quivir, donne lieu de croire que cette ville

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est la mêstie que ïe SieUr de Jâ Croix appelle Àlcaffar^ dansfa Description de f Afrique, & qu’il place dans la Province> de Habat. Vojez, Alcassar.

ALCAÇAVE. Citadelle qui est dàns la ville nommée lenouveau Salé en Afrique. Elle est de figure ovale , granckcomme une petite ville, & fermée de murailles épaisses , &environnée a un fossé fort profond & lec.Son enceinte fen-ferrcte plus de deux cens maisons, qui servoient autrefois dedemeure aux habitans de Salé. On y voit aussi une Tour 3,où Ton a peint des croiíîàns. Ce château a cté le Serrail desRois de Maroc, & ils y tenoient 800. femmes,sous la gardede leurs Eunuques.C’est à présent le Palais du Gouverneur** De la Croix, Hifi. d’Afrique , Tome 1.

À L C AI. Montagne o Afrique , fort âpre & fort hatite 3dans la Province d’Errif, Royaume de Fez. II y a quantitéde vignobles ? dont on fait de la rosette ■& des raisins fechezau Soleil, avec de grands clos de figuiers, d’oîiviers •& d’au-tres arbres, qui rapportent beaucoup d’huile & de tres-bonsfruits. On y trouve aussi des oranges,des citrons,des limons,& des grenades. Les habitans sont sort riches, & se piquentplus de noblesse que tous les autres de la Province. Ils sonten grand nombre, & cela joint à la difficultédes avenues deleur montagne , fait qu’ils sont exempts de tribut , quoyqu’ils ne soient éloignez de Fez que de douze lieues. Ils re-cueillent beaucoup d’orge & de millet,ont quantité de gros& menu bétail ; & comme ils trouvent chez eux tout ce qu’illeur faut, on ne les peut affamer. Ils donnent azile aux cri-minels de la ville de Fez, quand ce n’est ni pour larcin, nipour adultéré > parce qu’ils sont fort jaloux de leur bien, &de leurs femmes. Us pourroient fournir plus de cent millehommes de combat, parmi lesquels il y a quelques Arque-busiers & gens de cheval. * Marmol, Tome z. liv. 4. ch. 89.

ALCALA DE GUADAiRA. Petite ville d’Lfpagne,située dans l’Andaloulie fur une cohue, prés de la rivière deGuadaïra , dont elle prend son surnom. Les Latins rappel-lent Hienipa. Cette ville a un bon château, & ssest éloignéede Seville que de deux lieues. * Maty, Ditt. de Holl. 1701.

ALCALA de Henarez. Ville dTlípagne dans la NouvelleCastille. Elle est située au bas de quelques montagnes dontelle est entourée ; le reste regarde une grande plaine. LesLatins rappellent Complutmn , & elle est 1 innommée de Re~narez ,, à cause d'une rivière de ce nom, qui passe tout pro-che, & pour la distinguer des autres lieux qui portent aussile nom aAlcala. Son Université la rend célébré. C"ert la plusconsidérable de toute l J Lspagne, aprés celle de Salamanca»Elle a été sondée par Je Cardinal Ximenés, Archevêque deTolede, qui y donna une tres-belle Biblioteque, que sonvoit dans le College de la grande place, dont les maisonsfont soûtenuës de portiques, & habitées par les plus richesMarchands de la ville. Ce College, dans la Chapelle duquelce Cardinal est enterré, a un portail orné de la figure duRoy Philippes II. avec ses armes, & de plusieurs colonnesde marbre. Centrée eri est défendue de plusieurs piliurs,qui s'entre-tiennent par une grosse chaîne de fer.Le dedansest une grande cour quarrée, & tout à f entour il y a des ga-leries & de grandes salles, soûtenuës de colonnes de marbreblanc. Cest sous ces galeries que sont les classes, où viennentétudier lesEcoliers de tous les Colleges.L’Lglife Collégiale,où son chante tout le service en musique , en est éloignée.II y en a peu où il y ait plus de Chanoines,de Chantres & deClercs que dans celle-là. On y voit quelques tombeaux , •&un haut clocher de pierre.LesJésuites ont une tres-belleEgli-se dansla grande ruë-Elle est couverte d’un dôme bâti à flta-lienne,& leur College & leur maison sont des bâtimens quiméritent bien qsson les considéré. Cette grande ruë s'étendd’un bout à f autre de la ville,ainsi qu’unc autre qui est der-rière,& de même parallèle. La Chapelle de San Diego, lieude dévotion, à cause de son tombeau qu’on y voit, est dansle Couvent de S. François. Deux grandes cours font le des-sein du château, qu’on appelle il Palajfo. La premiere a qua-tre hauts pavillons, qui s’entretiennent par quatre grandesailes. Ils sont enrichis tout à l’entour de galeries, soûtenuësde piliers de marbre, sous lesquels on peut se promener ,pour avoir la vûë de cette grande cour , qui est pavee dslarges carreaux. L’autre cour n’est pas si grande,& n a poinçde pavillons, mais le reste est de la même forte que dans lapremiere, si ce n’est qu’on y voit un escalier dont on trouvel’Architecturc admirable. A feutrée de ce Palais, fur la pla,te-forme d’un de ses pavillons., il y 3 quelques pieces de ca-non. Le Couvent de S. Dominique est tout proche devantune grande place, où aboutit la seconde grande ruë. On y